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vendredi 31 août

Les mots de l'été # 22 : Badge

C'est à cause de mes badges que mes parents ont été convoqué par le principal du collège. Dans mon carnet de correspondance, il ne parlait pas de mes badges mais de mes "médailles" et il souhaitait donc s'entretenir avec mes parents au sujet de mes "médailles".

badge_en_vracLa lecture du mot du directeur avait bien fait rigolé mes parents. Il faut dire que des "médailles" j'en avais un paquet sur moi. Pas de quoi être un homme sandwich mais plutôt une sélection que l'on pourrait qualifier de pertinente. Je me refusais à porter des badges classiques avec le nom d'un groupe. Je cherchais des symboles, des phrases.

A la fin des années 70 et au début des années 80 le marché du badge était en plein boum ! Il y avait les affreux gros de Grease et les petits mes préférés.

Le badge a vécu 20 années difficiles et aujourd'hui depuis quelques temps il refait surface. Je retrouve le même plaisir qu'autrefois et je cherche toujours le badge qui fera la différence. Et pourquoi pas un badge Blog Up ? Vous seriez prêt à le porter ?

Mescaleros

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jeudi 30 août

Les mots de l'été # 21 : Desert Boot

Des mods chicos aux britpopeux craignos en passant par les baba-cool crados, la légendaire et indémodable Desert boot des années 50 aura donc su faire du pied à plus d’un musicien et braver les modes vestimentaires pour devenir bien plus qu’un accessoire pédestre ; tout simplement LA chaussure du rocker. La seule, la vraie, l’ultime. Et n’écoutez pas tout ce qu’on shoepourra vous raconter sur les Creepers, Converse ou autres Chelsea boots, c’est sans comparaison possible. Sans blague ? Non j’exagère peut-être un peu. En fait, n’importe qui peut en porter, ce sont juste des chaussure quoi. Bon, tant mieux.

Mais qu’elle soit beige, marron ou noire, en cuir ou en simili daim, cette pompe anglaise à lacets, légère et élégante, conçue à l’origine pour marcher dans le sable, est avant tout super confortable pour les nougats délicats, mais malheureusement trop fragile à la saison des pluies. Un comble pour le pays du pépin permanent. Bon, tant pis.

Alors toi l’apprenti rocker, écoute le conseil avisé d’un vieux sage expérimenté : si t’as choisi la Doc coquée pour la semaine et que tu veux éviter les oignons et les durillons, repose tes orteils en enfilant ces chaussons à semelle de crêpe le jour du seigneur. Ça fera plaisir à ta mère et c’est garanti sans odeur !

Bunganow Bill

A regarder

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mercredi 29 août

Les mots de l'été # 20 : Révolution

Revolutions per minute, 78 rpm, 45 rpm 33 rpm, le rock c’est d’abord un disque posé sur une platine (ou un Teppaz) tournant à la bonne vitesse. Le rock a trouvé sa vitesse dans le 45 rpm, ou 45 tours en France, et son format le plus adapté dans le 7’’ (on oublie les remix 12’’ en 45T des eighties). Le rock c’est aussi une révolution culturelle qui a plusieurs fois bouleversé un platineordre établi, comme à la fin des années cinquante ou soixante-dix.

Revolution 1 & 9 diront les Beatles sur l’Album Blanc (une version Bluegrass et une autre lysergique), Les Clash clameront leur Révolution Rock sur un air de reggae et les Spacemen 3 satureront la leur de guitares (avec une superbe descente de basse sur le pont). Prince s’accompagnera de Révolutions pour on album le plus rock. Beaucoup de groupes clameront apporter un son révolutionnaire au rock mais tomberont  dans l’oubli.

Avec l’arrivée du CD, les vinyls se font plus rares, et les révolutions disparaîtront peu a peu pour être remplacées par les bpm (beats per minute). Ironie du sort, les seules vinyls tournant maintenant sont ceux des DJ.

Carella

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mardi 28 août

Les mots de l'été # 19 : Wayfarer

Hé dis, Michel, elles sont cool tes binocles, c’est des Afflelou ?

Mais non pauv’ naze, c’est des Ray Ban, de véritables Wayfarer, des lunettes mythiques qui, de Buddy Holly aux Naast, en Wayfarer_1859_9146900passant par Roy Orbison, Bob Dylan, Patti Smith, Elvis Costello, ou Morrissey, font partie intégrante de la panoplie du rocker.

Souvent imitées jamais égalées (comme on aime à le dire), ce modèle est depuis 1952 le plus vendu et le plus copié au monde. Et pourquoi ça ? Peut-être parce que malgré leur poids et leur encombrement, ces lorgnons permettent de passer inaperçu (ou pas, justement), de cacher des pupilles dilatées, un coquard gênant, une myopie abusive ou une timidité maladive. Et accessoirement de se protéger du soleil. Idéal donc pour une rock star à tendance paranoïaque (à défaut d’une contrepèterie, ça serait peut-être bien un pléonasme ça).

Alors de jour comme de nuit, solaires ou correctrices, mais noires de préférence, ces larges montures incassables aux verres brevetés ont fait et font toujours les yeux doux à nos rockers. Et on peut même aller à la piscaille avec.

Bunganow Bill

A regarder

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lundi 27 août

Les mots de l'été # 18 : Phénix

Ceux que l’on surnomme les papys du rock donnaient dans le cadre de leur tournée en Europe un concert à l’Arena 02 de Londres, le 21 août dernier.

rollingstones1CN_468x499_1___140x180Devant une vingtaine de milliers de personnes, Ron Wood et Keith Richard se sont laissés aller à s’en griller une petite alors qu’ils se trouvaient sur scène. L’histoire ne dit pas le titre de la chanson qu’ils étaient en train de jouer.

Toujours est-il que les responsables de l’enceinte qui les accueillait pourraient se retrouver passible d’une amende de 2 500 livres (environ 3 670 euros) pour ce geste plus que déplacé puisque formellement interdit par la loi, les stades étant considérés comme des lieux public en Angleterre où il est interdit de fumer.

Motif avancé pour justifier la sanction : ce n’est pas parce qu’on est sur scène qu’on doit se considérer au dessus des lois.

A en croire les commentaires sur l’exposition Rock’n Roll 39-59 actuellement organisée à la Fondation Cartier à Paris, l’apparition du rock a marqué un tournant social dans la société américaine à l’origine d’une nouvelle césure, l’opposition entre jeunes et vieux qui serait venue se substituer à celle qui depuis le début du siècle se manifestait à travers la confrontation des noirs avec les blancs.

Si maintenant les vieux ne respectent plus rien, on n’est pas loin de la énième mort du rock. Heureusement le phénix renaît toujours de ses cendres.

FBA

A regarder

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vendredi 24 août

Les mots de l'été # 17 : Juke - Box

Arno parle de sa musique comme étant un jus de box, mélange issu de diverses influences. C’est un peu la même impression que pouvait laisser le liquide sonore qui s’échappait du juke-box. Il s’agissait en deux titres de résumer son wurlitzer_one_more_time_vinyl_jukeboxhumeur du moment en comptant qu’un autre client prendrait la suite évitant ainsi à l’assemblée de retomber dans un vide musical sidérant. Peu importait au demeurant si les choix du suivant différaient en tous points des vôtres. Ne rester simplement qu’à espérer que soit prolongée la trace d’une humeur mélodieuse à défaut d’être tsigane quitte à ce qu’il faille attendre quelque temps pour qu’elle emprunte des chemins semblables ou proches des vôtres. Essayer d’impulser selon l’instant où guetté par la dangereuse impression de tourner en rond, un brin de fureur, de romantisme ou de nostalgie, c’était selon, afin de se laisser aller à continuer de penser ou relancer une conversation.

C’était aussi l’époque d’avant la libération de la bande FM qui a très peu de temps, certes comme toute révolution correspondu à l’impression que dorénavant, il serait possible de diffuser de la musique hors des diktats des maisons de disques et des hits parade dont l’influence se reflétait dans les juke-boxes. Parfois avec un certain décalage quand l’intérêt que lui portaient les habitués du débit de consolation où il était installé en avait fait un support à demi subversif ou simplement parce que tout le monde s’en foutait.

Mais c’est vrai que ce n’était pas l’appât du gain qui vous faisait insérer une pièce dans le juke-box, l’espoir de se voir récompenser d’une chanson gratuite supplémentaire étant nul.

FBA

A regarder : une vidéo

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jeudi 23 août

Les mots de l'été # 16 : Doc Martens 8 trous

Créée à l’origine pour la ménagère allemande de 40ans d’après-guerre, cette chaussure, confortable, solide et légère, est devenue au fil du temps une icône pour tout groupe, part-time punk, prepunk, proto punk, post punk, punkoide, spunk, j’en passe et des pas très bons. Comment a-t-on pu en arriver la ?

underteenbelTout est la faute aux Skinheads, Mods dégénérés, prompts à se créer leur nouvelle mode, ou nouvel uniforme, ils se sont appropriés la Doc Martens, passée entre temps chez les fonctionnaires britanniques (policiers, postiers…). Déclinée alors en deux couleurs, rouge (sang de bœuf) et noir, elle atteint le public rock quand Pete Townsend l’adopte sur scène (Live at Leeds par exemple) et habille Elton John, le Pinball Wizard dans « Tommy » en Skinhead avec des Docs surdimensionnées.

Arrive 1977, et si une partie la partie plus intellectuelle du mouvement punk adopte un autre style de chaussures, les éléments plus prolétaires, suivent leurs aînés et intègrent la Doc dans leurs rébellion. Le plus exemple à ce jour est illustré par la pochette du premier album des Undertones qui offre une belle plongée sur leurs chaussures.

Les mouvements Punks Not Dead, et Oi, font la part belle à La DM, qui va se décliner sous différentes tailles et couleurs. Les amateurs organisent alors des voyages sur Londres pour se ravitailler avant que la marque n’ouvre ses propres magasins sur le continent.

Un coté pratique : on peut afficher ses préférences politiques (surtout dans le mouvement skins) par le laçage (commando, croises…) et la couleurs des lacets (rouges pour les Redskins, blancs pour les ultra-nationaux).

A la fin des 80’s tout le monde en porte. Malgré sa dilution dans le grand public, la version classique Air Ware a 8 ou 10 trous,avec sa couture jaune, reste une manière crédible de montrer ses goûts musicaux, surtout face à la fusion-fashion de groupes techno-bab, neo-new-age, hippie-lounge, et j’en passe et des très mauvais.

Carella

 

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mercredi 22 août

Les mots de l'été 15 # Creepers

J'ai toujours eu du mal avec les Doc Marteens. J'ai toujours vu les Clash avec des Creepers alors je suis devenu Creepers. Les creepersCreepers avec cette semelle toute en gomme c'est un peu la plateform boots de la fin des années 70. Une Creepers c'est une chaussure en daim ou cuir posée sur une grosse semelle en gomme. Ma première paire était très simple toute noire. Je me souviens de l'effet provoqué quand je suis entré dans la cour du collège. Après, j'ai provoqué encore plus avec des noir et rouge, des noir et blanche et surtout des noir et peau. Je peux vous dire que dans une ville de province à la fin des 70's c'était une révolution. La Doc Marteen était la chaussure protectrice idéale lors de pogo violent. La Creepers avait l'avantage par sa semelle (gain de 5 cm) de vous permettre de voir le groupe sur scène mais surtout elle offre un confort remarquable.

Mescaleros

A visiter : un site

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mardi 21 août

Les mots de l'été # 14 : Live (concert de gens vivants, en français)

Le live c’est bien parce que…

b…on voit les artistes en vrai, on retrouve des copains qu’on ne connaissait pas auparavant, de la fosse on peut presque toucher son idole, y a des dingues qui sautent dans le public et c’est super délire, on s’en prend plein les oreilles, y a des lumières de toutes les couleurs, on peut danser sans avoir la honte, ça sent bon le shit, on peut acheter des tee-shirts du groupe à la fin, y a toujours moyen de se faire payer un coup, parfois on reconnaît des vedettes dans le public, on découvre des nouveaux groupes grâce aux premières parties, sur disque ça fait une bonne compile et on peut chanter à tue-tête dans le bus du retour.

Le live c’est pas bien parce que…

…ça fait trop de bruit, y a trop de monde, on ne voit rien, c’est trop cher, le son est naze, on ne reconnaît pas les chansons, on fait la queue dehors sous la pluie, ils ne jouent jamais notre titre préféré, avec la baby-sitter et le resto ça fait une soirée hors de prix, les filles s’évanouissent, on se brûle les doigts avec le briquet, la première partie est toujours trop longue, y a jamais moyen de pouvoir aller aux toilettes, ça sent la drogue de mauvaise qualité, on reçoit des coups de coude alors qu’on a rien demandé, la bière est toujours tiède, on a les oreilles qui bourdonnent toute la nuit et y a plus de métro pour rentrer chez soi.

Et mon ami Léon Bouly inventa le cinématographe…

…alors devant tant d’arguments irréfutables, j’hésite. Finalement, je vais peut-être plutôt aller au cinoche voir un film sur le rock. Et pourquoi pas un concert filmé ?

Bunganow Bill

A voir : The Beatles live from Shea Stadium. Parce que les filles sont hystériques, parce que les flics sont débordés, parce que le son est pourri, parce que trop c’est trop alors… au secours !

A regarder

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lundi 20 août

Les mots de l'été # 13 Cheveux

Le punk le porte court. Avec des nuances. Sur les premières photos de Clash, Mick Jones, arbore des boucles rebelles Sans_titredignes d’un Keith Richards ou d’un Dylan circa 65. Le punk joue volontiers avec les produits chimiques bon marché afin d’obtenir de magnifiques teintes peroxydées (voir les expériences capillaires d’un Billy Idol). Pour sculpter ses spiky hair, le punk travaille au Vitafor ou à la Vaseline. L’utilisation d’œufs pourris restant marginale. Sauf pour un Captain Sensible, qui laissera reposer pendant toute la durée du festival de Mont de Marsan, ceux écrasés dans sa chevelure par ses facétieux camarades. Il n’en ôta les débris coagulés que sous la pression d’un Sean Tyla excédé, qui refusait de franchir la douane anglaise dans le même bus qu’un olibrius avec des « œufs écrasés dans les cheveux », menaçant le sympathique bassiste de lui « laver la tête dans la cuvette des chiottes de la première station service ». Un sens de l’humour très « pub rock », ce Sean !

Pierre Mikaïloff

Extrait du « Dictionnaire raisonné du punk » de Pierre Mikaïloff paru aux Editions Scali

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