jeudi 10 mai
Kaiser Chiefs – 8 mai 2007 – concert Europe 2 – Trabendo
Ces trois premiers morceaux !… Pendant une dizaine de minutes, j’ai eu l’impression d’assister au concert de l’année. Ce début de show surclassait tout ce que j’ai vu au cours de ces derniers mois.
Les boys sont arrivés incroyablement soudés, efficaces d’entrée de jeu, et ont balancé coup sur coup trois bâtons de
dynamite.
Tandis qu’ils jouaient, je songeais à des Wings reformés, à George Harrison (pour les chorus de guitares), à Electric Light Orchestra (pour le côte « catchy »), et à Roxy Music (pour ces mélodies qui n’en sont pas).
Mais je songeais aussi aux groupes de la génération précédente, à dix, quinze ans de là : Oasis, Primal Scream, Happy Mondays, Stone Roses…
Je me suis alors fait la réflexion que ce qui changeait, entre ces deux générations de brit pop, c’était les drogues. Ou plutôt l’absence de certaines drogues.
Si un concert des Stone Roses ou des Happy Mondays était imprévisible, au moins nous réservaient-ils l’avantage de la surprise. Ils étaient soit géniaux, soit pitoyables.
Mais les noughties sont sages. Nous le savions déjà.
Alors revenons à Kaiser Chiefs… C’est un peu le groupe du coin de la rue qui aurait réussi, à force de travail et de pugnacité. Comme si vos copains de pub avaient fini par monter ce groupe dont ils parlaient depuis si longtemps et que, contre toute attente, ça ne s’avérait pas si mal !
Il y a cette proximité chez eux. Ils ont l’air abordables. Et, pour une fois, le fait que des musiciens aient l’air « normaux » n’est pas dérangeant.
Revenons au début de cette chronique : Que s’est-il passé après les trois premiers morceaux killers ? Eh, bien, une étonnante baisse de rythme… Le reste du concert fut en dents de scie. Une alternance de leurs tubes (un peu sirupeux) et de titres d’albums, eux, vraiment jouissifs.
Bon, ce n’était qu’un concert privé. Il est certain qu’il ne s’agissait pas d’un show typique de Kaiser Chiefs. A revoir donc, dans les vraies conditions du live.
Pierre Mikaïloff
A regarder :
vendredi 04 mai
White Man In Hammersmith Palais : aged 50
Le 1er avril a eu lieu un événement dans cette bonne cité de Londres : la dernière soirée de l’Hammersmith Palais avant fermeture, rénovation et spéculation immobilière.
Ouvert en 1919, l’Hammersmith Palais est une salle légendaire qui a accueilli, entre autres, Bill Haley mais aussi PIL, les Cramps, mais aussi les Stones et Bowie. Sans oublier Clash.
Riche idée d’inviter The Fall pour cette dernière soirée. Mark E Smith vient d’avoir 50 ans et sa légende est au moins égale à celle de l’Hammersmith.
En toute première partie, devant une salle à moitié vide, a joué Mona Soyoc. Oui, celle de Kas Produkt, Blog Up vous le dit : une soirée d’exception.
Même s’il a plutôt suivi le groupe pendant les années 80 et début 90, la montée en scène de The Fall provoque chez Blog Up une montée d’adrénaline. La musique étant toujours la même (Blog up se fait des amis chez les « «Mark E Smithologues » !), le groupe interchangeable, tout repose sur Mark E Smith. Pas de problèmes, il est fantastique de charisme malsain et, grâce son groupe, c’est parti pour 50 minutes de garage-rock tout en tension et sans aucune trace de frime.
Le répertoire est basé sur le dernier album « Reformation post TLC » (d’après un ami de Blog Up présent lui aussi), le public est à fond, bien aidé par l’offre promotionnelle : 3 Fosters, 10 £, on ferme, on brade. Le public, majoritairement 35-50 ans, bien teigneux, limite beauf, craindrait presque. Tout est en tension, la musique, le groupe, les gens, la salle, la soirée. Du Rock’n’Roll. Du vrai, pas du N**st.
L’incident finit par arriver. Alors que le groupe a quitté la scène et que les roadies ont tout réinstallé, quelqu’un s’empare du micro pour faire un discours incohérent attaquant Mark E Smith. Il s’échappe avant l’arrivée de la sécurité. Seulement, quand le groupe revient, la sécurité est toujours sur scène. Provoquant le départ de Mark E Smith avec ces mots fantastiques, les derniers prononcés à l’Hammersmith : "Thank you for allowing us into your security area." Le rappel avorte ainsi au bout de 50 secondes. Le groupe ne reviendra pas.
Le DJ balance le « We Are Your Friends » de Justice Vs Simian. Certains dansent, d’autres piquent des souvenirs (lampes, etc… ), la plupart se presse pour choper le dernier métro. C’était la dernière soirée de l’Hammersmith Palais.
Alexander Grove
A regarder
Super document
jeudi 03 mai
Alternative Oldsters - Stiff Little Fingers live at the London Astoria (30/03/2007)
En 1979-80, de nombreux punks, déçus par “London Calling”, se tournaient vers “Inflammable Material” le premier album de Stiff Little Fingers (et premier succès commercial de Rough Trade Records).
Ce groupe, formé en 1977, avait
gardé l’esprit du premier album de Clash mais adapté
au contexte pour le moins glauque de l’Irlande en guerre.
Trente ans plus tard, Blog up est à l’Astoria pour les voir en concert. Contrairement à ses nombreux confrères, et avec de nombreux changements de personnel, le groupe ne s’est jamais séparé et a une discographie pléthorique.
Mais ce soir est un événement : le bassiste originel est revenu et SLF va jouer son premier album dans l’ordre. Pour l’anecdote, si le bassiste d’époque est là, c’est parce que Bruce Foxton, oui le Bruce Foxton, a quitté SLF pour reformer justement Jam avec Rick Buckler mais sans Paul Weller. Blog up ne sait pas s’il doit rire ou pleurer de cette nouvelle.
Revenons à l’Astoria. Le fan typique 2007 de SLF est plutôt un homme, la quarantaine, chauve avec un peu de bedaine masquée par un T-shirt reproduisant souvent le premier album de Clash ( ?).
Le concert commence et il faut subir un répertoire tirant sur le Big Country version métal. Même si le groupe est digne, la musique est horrible. Viens enfin le grand moment : jouer « Inflammable Material ». Malgré le son toujours trop métal, Blog up a tapé du pied à l’écoute de « Wasted Life », « No More of That » et surtout « Alternative Ulster », ce single inusable.
Le public est à fond dedans. Le corps a 45 ans, le cœur 17.
Le concert s’achève par une reprise de « The Boys are Back in Town » de Thin Lizzy. Blog Up quitte la salle en se disant « les punks sont peut-être de retour mais tout le monde s’en fout » et, même s’il a apprécié le concert, Blog up aussi. Mais sitôt rentré chez lui, il a ressorti ses vinyls juste pour les regarder….
Alexander Grove
A regarder [C’est pas l’Astoria mais quelques jours avant]
mardi 01 mai
Les femmes s'en mêlent – Electrelane – Gomm – Tender Forever – La Cigale – 27 avril 2007
A peine remis de ma rencontre de la veille avec Ari Up (notre relation platonique dure depuis 1978, le seul problème étant que je n’ai jamais eu l’occasion de la rencontrer, ce qui ne facilite pas les rapports humains, vous en conviendrez), je plonge dans l’enfer moite de la Cigale.
Nous sommes le 27 avril, il est 19h30, et tout le monde est à la bourre.
Je suis néanmoins assez fier de moi, parce qu’en chemin, j’ai fait la course avec Natacha, d’A.S. Dragon. Elle en rollers, moi en bike, et force est d’avouer que j’ai gagné ! Notamment quand nous avons abordé la rue des Martyrs, qui comme chacun sait, est assez pentue.
Bref, je suis en train de reprendre mon souffle, auprès d’une Lucky et d’une bière fraîche, quand Tender Forever fait péter le MacBook sans crier gare.
Son show est captivant. On se demande pendant environ deux secondes si c’est du premier ou du second degré (de l’art ou du cochon ?), et puis, à partir du moment où elle nous demande de l’applaudir pendant qu’elle boit une gorgée d’Evian, c’est gagné.
Parce qu’en plus d’être dotée d’une dose d’humour que le hasard a refusé au commun des mortels, Mélanie Valera sait aussi écrire des mélodies originales et rêveuses et pratique l’art de la « danse » comme personne - une autre de ses vocations, comme elle le précisera plus tard.
J’insiste, son show est drôle, visuel, bourré de trouvailles. Elle dégage à la fois une violence, de la chaleur et… de l’amour !
Et puis, comme Iggy Pop, elle se jette dans la foule à la fin.
Passer sans transition de Tender Forever à Gomm est un peu difficile. Voire impossible. Leur rock hypnotique, dur, tendu, est hors de propos pour l’heure. A revoir dans d’autres circonstances, parce que ça a l’air vraiment très bien. Et puis ces gens ont l’air sincère.
La conclusion de cette soirée, Electrelane, est plus convenue. Back to the nineties, le gros son de My Bloody Valentine et toutes ces choses…
Leur look est étrange. On a l’impression de voir des filles de 20/25 ans qui s’habilleraient comme des collégiennes de Sainte-Croix-de-Neuilly. Le concept m’échappe, je l’avoue. J’ai beau chercher, je dois pas avoir les clés pour comprendre la démarche.
Je suis reparti en répétant cette question lancinante : « Où sont les chansons ? Mais où sont les chansons, bordel ?… » Et nul n’avait la réponse.
Restait plus qu’à mettre une pièce dans le juke box et à réécouter « Typical Girls ».
Pierre Mikaïloff
A regarder
lundi 30 avril
Les femmes s'en mêlent – The Slits, Ebony Bones, 586 – La Maroquinerie – 26 avril 2007
A ce jour, la soirée du 26 est certainement une des plus réussie - au moins une des plus cohérentes - de ce festival.
Ceci étant posé, essayons de démonter pourquoi il y a un rapport entre le rock psyché-no wave de 586, le glitter-ska d’Ebony Bones et le retour des seules, des vraies, des uniques « Ab Fab » punks : les Slits !
Avec 586, on est au début des 80’s, quelque part entre Paris, Londres et Berlin.
Ils ont construit un vrai show, avec un aspect théâtral - le plus étonnant étant que ça fonctionne !
Musicalement, 586 renoue avec cette tentative de funk blanc, bancal et timide, issu du post punk. Quelques lignes de basse piquées sur un vieil album de Chic, et hop !
Pendant tout leur show, je me suis demandé qui ils me rappelaient. A la fin, j’ai compris : le Rocky Horror Picture Show ! Mais ne me demandez pas pourquoi.
Ebony Bones, c’est le flash total, c’est Brixton, c’est Notting Hill, c’est un Londres de rêve.
C’est trois chanteuses, dans des costumes à peine plus sobres que ceux de Patti LaBelle au milieu des années 70.
C’est une façon de conjuguer Gary Glitter et le ska (la preuve que c’était possible !). Et c’est aussi la meilleure façon de retrouver le sourire, maintenant, en 2007.
Avec les Slits, on entre dans un autre registre. Celui des semi-légendes punks. Semi-légende, car les Slits n’étaient pas un groupe de premier plan, à l’époque.
Cependant, elles étaient là, au cœur du truc, tournant avec les Clash ou les Pistols, et apprenant la grammaire reggae auprès des sound systems antillais.
Elles sont bien sûr restées farouchement attaché à cet esprit rebelle, je m’en foutiste, et festif, du punk rock.
En assistant à un concert des Slits, aujourd’hui, on comprend mieux comment s’est opéré le mélange des cultures blanches et jamaïcaines, vers 76/77. Cette voie qu’ont suivie aussi les Clash. Que les Slits aient été les premières - comme elles le prétendent - ou non, n’étant pas le problème…
Pour vous expliquer à quoi ressemblent les Slits, sur scène, je vous demanderai d’imaginer cinq Moe Tucker. Elles ont, en effet, dans leur façon d’aborder la musique, ce même sérieux, cette même candeur, ce même dévouement. Et c’est très beau à voir (et à entendre).
Alors, prêts pour le « Retour des Fentes géantes » ?
Pierre Mikaïloff
A regarder
vendredi 27 avril
Les Femmes s’en Mêlent Bunny Rabbit + Terry Poison + Yelle, la Maroquinerie, 25 avril 2007
Parce que chez Blog Up on n’a peur de rien, je suis retournée m’immerger dans la fournaise de la Maroquinerie dès le lendemain, pour assister au concert electro-rigolo de Bunny Rabbit, Terry Posion et Yelle. Bon finalement, le public était un peu plus clairsemé, et il faisait beaucoup moins chaud. Mais quand même.
La fausse ingénue Bunny Rabbit a ouvert le bal, tout en robe courte sur nike 80’s et collants moulants, peluche dans une main et ballons rouges sur scène. Accompagnée d’une comparse new-yorkaise comme elle, Black Cracker, les deux se sont livrées à toutes sortes de déhanchements suggestifs sur une sorte d’électro-rap. Ça sonne un peu Peaches du pauvre, mais c’est marrant à regarder.
Les Terry Poison, en
revanche, sont beaucoup plus intéressants. Le quartet
israélien déboule comme des sauvages, les trois filles
en mini-short ou maillots de bain perchées sur des talons
hauts. Très vite, ça devient n’importe quoi :
bataille d’eau, fausses bagarres, discours pince sans-rire
complètement hilarant, et surtout un électro-rock varié
et puissant. On en redemande.
Le rock dance de Yelle
clôturera joliment la soirée. On aime ses textes à
la fois drôles et
grinçants sur des sujets aussi variés
que le jogging ou les sextoys (« Je te parle comme à
un homme doux et sensible / La seule chose qui me gêne c’est
de changer les piles »). La présence d’un batteur
sachant taper fort donne beaucoup d’énergie au concert, le
public utilise les sifflets gracieusement distribués à
l’entrée, les chorégraphies sont franchement débiles,
mais on se surprend à les faire, le sourire aux lèvres,
et c’est tout ce qui compte.
The party
A visiter : le myspace de Bunny Rabbit, Terry Poison et Yelle
jeudi 26 avril
Les femmes s'en mêlent : Folk rockabilly
Le Festival Les Femmes s’en mêlent faisait hier soir la part belle au folk américain avec Marissa Nadler et Laura Veirs programmées à la Maroquinerie.
Mariss Nadler d’abord, une timide brune, seule, juste accompagnée par ses guitares six-cordes ou, assez impressionnant, douze-cordes. Marissa Nadler à la voix cristalline mais aux morceaux un peu trop répétitifs qui lassent un peu. Arpèges uniquement, tempo lent systématique. Dommage, car la voix est magnifique, et l’Américaine plutôt attachante, tant on la sens habitée et heureuse d’être là, attendrissante même dans ses hésitations, ses problèmes d’accordage ou de corde cassée.
À sa décharge, la chaleur dans la salle est étouffante, proche d’une mini-canicule d’été 2003, ce qui ne rend pas l’écoute aisée. L’émissaire de Blog Up a d’ailleurs bien failli tourner de l’œil au beau milieu de Laura Veirs et de ses Saltbreakers. Bénissant pour une fois les distributeurs de flyers postés à l’entrée, un programme du Bataclan transformé en éventail, je retrouvai une température corporelle quasi normale au moment où Laura Veirs balançait sur " Galaxies " une distorsion à faire se pâmer un métaleux. Délicieuse Laura Veirs, avec sa robe tout droit sortie des années 50 et sa coupe de cheveux stricte. Ses trois musiciens arborent chacun un costume à motifs (papillons, étoiles…) très kitsch, et l’ensemble rappelait presque les groupes de rockabilly ! Le public est conquis d’avance, le groupe ravi, Laura Veirs affable, et les morceaux du nouvel album, Saltbraker, oscillent entre folk et rock à tendance pop rétro avec les superbes chœurs des musiciens. Oui, oui, ça sonne bizarre, dit comme ça, mais c’était bien ce à quoi ressemblait le concert d’hier, à du folk rockabilly pop surf des plus enthousiasmants.
The party
A regarder
mercredi 25 avril
Les femmes s'en mêlent – Rose Kemp, Plasticines, Juliette and the Licks – Bataclan – 23 avril 2007
Je n’avais pas flairé l’arnaque. J’ai réalisé trop tard que les petits malins n’arrivaient qu’à huit heures, soit pour le show des Plastiscines (et après celui de Rose Kemp).
Alors que j’écoute la dite-Rose Kemp massacrer « Amazing Grace » - qui n’est pas en soi une grande mélodie, je vous l’accorde, mais qui pourrait passer pour un chef-d’œuvre à côté de ses compos originales -, une réflexion me vient à l’esprit, qui tient beaucoup du réflexe humanitaire : Que n’explique-t-on à tous ces gens qu’ils ne sont pas obligés de faire « musiciens » pour gagner leur vie ? On manque de bras dans le BTP, par exemple...
Après s’être longuement baladées dans le Bataclan - étonnamment détendues, à quelques minutes d’affronter le public d’une salle tout de même un petit peu légendaire -, les Plastiscines montent sur scène et font, d’entrer de jeu, péter les Gibson.
Je n’ai vu ni les Gogos ni les Bangles, mais j’imagine que, sur scène, ce devait être un peu comme ce soir.
Les Plastiscines ont déjà ce talent d’entrer, dès le premier morceau, dans le vif du sujet. Pas le temps de se demander si l’on aime ou si l’on n’aime pas. Elles sont là, devant vous, et ne vous laissent pas le choix.
Elles sonnent peut-être mieux qu’aucun girls group américain des années 80 n’a jamais sonné en live. À tel point que, quelques minutes après le début du concert, je surprends deux vieux rockers en train d’acheter des badges Plastiscines qu’ils agrafent direct au revers de leurs vestes. (Je conseille vivement celui avec le « P », à 1,50 €, complètement pop art.)
On peut associer plein de mots aux Plastiscines : couleur, fun, pêche, humour, malines, légèreté, adrénaline, ludiques… Je ne lance pas un concours, là, c’est juste pour vous donner une idée de ce qui vous attend quand vous irez les voir.
Parmi leurs compos les plus funs, j’aime beaucoup ce « (Zazie fait de la) Bicyclette », un petit refrain, façon kaléidoscope psychédélique, que j’ai fredonné tout du long, en rentrant chez moi (à bicyclette, évidemment).
« Bicyclette » est chantée par Marine, mais parlons aussi de la voix de Katty. Elle est chaude, rappelant une certaine Debbie Harry, voire même, une Patti Smith - lorsqu’elle va chercher des notes graves au fond de sa gorge.
Je crois que mon morceau préféré est tout de même « Loser », pour sa mélodie, et puis aussi parce que ça fait du bien de penser que les filles s’intéressent parfois aux losers.
Quant à « La règle du jeu » - dont le thème me fait penser à ce film de René Clément sur la jeunesse de St Germain des Prés des années 50 -, celui-ci pourrait bien devenir l’hymne de la nouvelle génération rock’n’roll parisienne.
Hey, Louise et Caroline !… Je ne vous oublie pas, c’est juste qu’on ne parle jamais assez des sections rythmiques (moi le premier). Mais c’est bon signe : c’est quand elles n’assurent pas qu’on en parle.
Hélas, tout a une fin et la vie n’est pas faite que de bulles de savon et d’éclats de rire. Il reste encore à voir Juliette and the Licks… Encore une victime de la mauvaise orientation professionnelle : Juliette Lewis cartonnait au cinéma (oscars et tout le bazar…) quand elle décida de tout laisser tomber pour se consacrer à la (gulp !) musique. Voyons, Juliette ! pour faire de la musique, il faut un peu de talent.
Observons tout de même ce que ça donne…
Je soupçonne les Licks d’avoir acheté le DVD « Apprenez le heavy metal en dix leçons », la semaine dernière, et de n’avoir pas encore eu le temps de dépasser le premier chapitre : « Comment lancer sa guitare au-dessus de sa tête sans s’éclater le pif ? »
Il y a un autre DVD que les Licks ont dû acheter - celui-là, je pense qu’ils en ont visionné tous les chapitres plusieurs fois -, c’est : « Comment se faire des bras de camionneurs, d’après la célèbre méthode du professeur Schwarzenegger ».
Mais tout ça (les lancers de guitare, les chanteuses moulées dans des pantalons de vinyle noir), ne suffit pas à faire un bon concert. C’est ce qu’ont l’air de penser tous ces gens qui s’ennuient autour de moi, et en sont réduits à noyer leur désarroi dans des flots de bière. Pour être honnête, il y avait aussi des fans devant la scène.
Je suis toutefois reparti sur mon bike de fort bonne humeur, car les Plastiscines avaient sauvé la soirée.
Pierre Mikaïloff
A regarder
mardi 24 avril
Les femmes s'en mêlent - Klima – Le nouveau casino – 21 avril 2007
Samedi soir le nouveau casino était bien calme pour accueillir Klima et Elk City. Devant la scène peu de gens jusqu'à l'arrivée de Klima où soudain le public s'est avancé doucement vers la scène. Klima c'est Angèle et Jérôme... c'est des bouts de Piano Magic et de Ginger Ale.
Angèle est la voix et Jérôme les compositions. La musique de Klima est un climat sombre plein de brouillard... de brume. En écoutant Klima j'ai pensé à la cold wave des années 80. Les ambiances sont les mêmes avec ce son de guitare de roulement de tambour parfois un peu militaire. Remettre dans le vocabulaire actuelle le mot cold wave pourrait être utile pour définir cette musique.
Klima c'est la voix d'Angele. Très belle voix. Angele aussi est un personnage attachant parce qu'elle arrive avec quelques bouts de ficelles à nous donner un concert très bien. Elle a une simplicité et un contact très agréable.
A trois sur scène Klima a trouvé de nombreuses astuces pour compenser le manque de musiciens. Les arrangements de l'album dans cette configuration ne pouvaient pas être là. Habilement, Klima a su écrire différement les morceaux et les présenter de très belle manière.
Dans ces conditions Klima a donné un beau concert.
Mescaleros
A visiter : le myspace
lundi 23 avril
Les femmes s'en mêlent - Frida Hyvönen – Centre Culturel Suédois – 19 avril 2007
En arrivant dans la cour du Centre Culturel Suédois, j’ai l’impression de me trouver dans un film de Bergman. Et je pense que je ne suis pas le seul. D’autres garçons semblent troublé – pour ne pas dire « émoustillés ». Figurez-vous que nous sommes bel et bien cernés par des sosies d’Ingrid Thulin (l’égérie du vieux maître).
Passé ce premier moment de surprise, je rentre dans la salle et m’aperçois avec effroi qu’il ne reste de place que près de la scène - en général, j’évite les fauteuils aussi exposés, ayant une propension à m’endormir pendant les concerts acoustiques.
La scène est encore vide, à l’exception d’un piano à queue Bösendorfer (je crois que c’est de la bonne came).
Arrive alors Frida Hyvönen, infiniment plus ponctuelle qu’un Pete Doherty, par exemple. En robe rouge, elle s’approche du piano, munie de ses accessoires scéniques : un verre d’eau, une poire et un citron. J’en étais sûr, c’est un concert conceptuel.
« Pas de panique me susurre ma voisine, tu vas voir, c’est de la balle, Frida, en concert… »
Je n’ai pas le temps de répondre. La dame attaque le Bösendorfer. Sans prévenir. Et c’est… plutôt bien !
Un jeu minimaliste, comme j’aime. Voyons ce qu’elle en fait… Ses compos tiennent la route. De facture très classique - on pense à Laura Nyro, Carly Simon, Grace Slick -, des choses plutôt douces, mais bon esprit. Il y a même des côtés brechtiens, parfois, dans les mélodies. Et la voix ne fait pas dans la surenchère. On n’est pas chez Stevie Nicks. J’apprécie.
Somme toute, ses compositions sont assez originales et, surtout, sans mièvrerie. Les paroles semblent plutôt drôles. Aussi, une demi-heure après le début du concert, pas le moindre signe d’assoupissement de ma part. C’est bon signe.
Pour ce qui est du concept, j’ai été un peu déçu. Le verre d’eau, elle l’a tout simplement bu. La poire, elle l’a mangée. Et le citron, j’avoue que c’est un peu plus bizarre : elle l’a respiré. Ouais, respiré. Ensuite, elle le fait tourner dans le public (le citron, oui…). Toute une salle qui se fait passer un citron pour le sentir… C’est bizarre, vous trouvez pas ?
Après ça, Frida nous explique que, l’année dernière, elle a écrit un opéra pour des caniches. Elle nous en joue un extrait, et ce n’est pas canin du tout. Puis, c’est le dernier morceau. Un truc qui s’appelle Madrid et qui parle… de Londres, of course.
Elle voyage pas mal, écrit beaucoup de chansons sur les villes qu’elle visite, ça ajoute peut-être à la froideur du personnage. Lui conférant un côté « minéral », même si elle communique toutefois un peu plus avec le public qu’un Lou Reed.
Après le concert, elle repasse devant moi, dans un manteau vraiment flash. J’en profite pour lui dire que j’ai pas l’air, comme ça, mais que j’ai beaucoup aimé. Ça l’a laissée de marbre.
Pierre Mikaïloff
A regarder
