mercredi 23 janvier
La fin des haricots
On le sait le disque va mal. Il ne se vend plus. On sait qu'EMI racheté par un fond de pension vire ses artistes. On sait que
dans les salles de concert le public se fait rare sauf hier soir au théâtre des Champs Elysées.
Il y avait une party pour quelques 500 happy few dont la profession est justement la banque et la gestion de fond de pension. Cette soirée privée organisée par Carmignac (société de gestion de titres) certainement pour célébrer la nouvelle année ou encore mieux pour remercier ses collaborateurs des bons résultats de l'année passée proposait Lou Reed à l'affiche. Oui, le vrai Lou Reed, celui du Velvet Underground. Ça fait une sacrée claque d'apprendre cela. Je ne comprends pas ou peut être je suis naïf mais je trouve cela absolument terrible.
A sa décharge, il se peut que d'avoir été trop artiste ça rend bête. Mais bon, si les anciens, ceux qui nous ont emporté nous trahissent que nous reste t'il ? Ah si il nous reste à écouter par exemple Woody Guthrie.
Mescaleros
A lire : un compte rendu de la soirée
mercredi 16 janvier
En pleine descente : Babyshambles live ( ?) à l’Olympia
Quand les Babyshambles sont montés sur la scène de l’Olympia, ce 14 janvier, Blog up y croyait dur comme fer. Un bon
album à défendre, un Pete « en bonne santé », des comptes-rendus positifs de la tournée anglaise. Bref, la soirée s’annonçait belle.
Malheureusement, ça n’a pas duré longtemps, au bout de quelques secondes, des problèmes techniques ont interrompu le premier morceau, ainsi que le suivant (le tube « Delivery » en plus). Ensuite, jamais Blog up n’a réussi à revenir dans le concert, le groupe non plus d’ailleurs et la salle se forçait à l’enthousiasme.
Au moins, celai a permis à Blog up d’être moins impliqué et de se rendre compte des faits suivants :
- le groupe a un petit son incapable de remplir l’espace. Bonne chance à nos amis qui iront au Zénith,
- Les trois-quarts des morceaux sont en fait limite cabaret jazz.
- Il n’y a aucune vraie tension
- Les meilleures chansons sont sur le premier album qui a un son nul.
- Un concert à écouter assis,
- Ni punk, ni vraiment pop, à la limite reggae-folk, la prochaine étape, c’est destination boboland.
- Ca s’est un peu réveillé à la fin avec une belle version de « There She Goes », et en final « Fuck Forever » ;
Bref, vous l’aurez compris, Blog up s’est limite ennuyé et une fois de plus, le groupe a une excuse. Avant, c’était problèmes de drogues, maintenant, c’est problème technique. Ce qui donne un concert frustrant pas du tout à la hauteur des albums et encore moins de la légende qui entoure Pete Doherty. Et plus ça va, plus Blog up a envie d’ajouter que Doherty rime peut-être avec junkie mais aussi avec hippie.
Alexander Grove
A Barcelone, il y a quelques jours et c’est mieux qu’à Paris
mercredi 05 décembre
Harvey qu'est - elle ?
Blog Up n’était pas au concert de PJ Harvey le 16 novembre au Grand Rex ; c’est bien triste mais que voulez-vous… Certains parmi vous ont peut-être eu cette chance et pourront nous en dire quelque chose… On a beau dire que quand on
aime on ne compte pas, à 52 euros la place la moins chère, il est des limites qu’on ne saurait dépasser. Question de moyens bien sûr, mais aussi de “principe” : au rythme où va l’augmentation du prix des places, les concerts de rock ressembleront bientôt à des soirées du Lion’s Club, et ce n’est pas sans nous inquiéter. Que vous dire alors, sinon que pour toutes celles et ceux qui aimeraient se faire une idée de ce que la belle du Dorset a proposé sur scène, le site de son fan-club français a mis l’intégralité de son concert en écoute, une bien belle initiative ! L’occasion d’entendre les titres de son sublime dernier album, White Chalk, se mêler sans rupture avec ses premiers morceaux autrement plus électriques (pour exemple ici, une version surpuissante et géniale de Rid of Me). Mélange des genres, mélanges des sons, des timbres de voix, des instruments… Une œuvre immense offerte en solo par le plus beau des caméléons. Revenez bientôt PJ Harvey.
Martin Terrier
A visiter et écouter : son site
A regarder
mardi 04 décembre
The Thrills : Paris, Maroquinerie, 1er decembre 2007
Apparus sur nos écrans radars dès les débuts des années 2000 avec “le retour du rock”, les Thrills de Dublin n’ont jamais eu le succès qu’il méritait.
Il est vrai que débuter en même temps que les Libertines vous condamne à une faible exposition médiatique. Il est vrai aussi que leur pop influencée Calofirnie-1967 sonne presque trop décalé. Dans les années 90, ils auraient eu leur chance.
Tout ça pour dire, que The Thrills ont joué à Paris le 1er décembre dernier. Rien n’a changé, c’est agréable aux oreilles, ça ne fait pas peur. Il y a une belle collection de tubes qui nous promet une méga compil’ posthume. Il manque juste l’étincelle qui les fera quitter la série B. Ou alors un retournement de la mode vers leurs influences. Qui sait ?
Une bonne soirée, un bon groupe, de bonne chansons. Ca nous aura fait au moins une sortie sympa. Mais justement, Blog Up veut plus que des soirées sympas.
Alexander Grove
A regarder pas à Paris mais il y a quelques semaines
lundi 03 décembre
Arno de Cologne
Arno est un antidote à l’obsession du malaise fatal. Sa vie, c’est la scène. Au Stadtgarten de Cologne ou ailleurs. Non pas qu’il
ne souffre pas. Ses vieux os ont parfois besoin de repos. Il lui arrive donc de s’asseoir pour chanter ses complaintes mais toujours en faisant passer d’une main à l’autre son micro, le balançant en rythmes, surréalistes quand il est l’auteur de ses textes, ou poétiques quand il ne fait que les interpréter.
Voyager pour la culture de l’âme avec l’idée, certes commune, qu’il peut sur un seul coup rafler la mise – accompagné de musiciens dont la seul présence sur scène suffit à galvaniser une salle - jouant des cymbales sur « Bathromm singer » ou possédé par « Comme à Ostende » de Léo Ferré.
N’insultant pas Madame la Chance de peur qu’elle ne se venge, Arno n’est définitivement pas prêt de quitter son triangle des Bermudes, cette terre lointaine des extrêmes.
FBA
A regarder
vendredi 30 novembre
Two Gallants, La Maroquinerie (Paris)
Précédés par Blitzen Trapper, un quintette US foutraque et jubilatoire (rappelez-vous ce nom, ils feront parler d’eux), les deux minots de San Francisco sont entrés sur la scène de la Maroquinerie (26 novembre) pour achever leur tournée
européenne. Des minots oui, car ils sont bien jeunes et pas bien gros les pinsons ; quand on les voit, on aimerait leur conseiller de manger mieux et plus, la faute à toute cette énergie brûlée sur scène. Comme à leur habitude, ils ont installé eux-mêmes ou presque leur matériel – vieux réflexe du groupe indie devenu grand, mais qui a gardé les pieds sur terre, ou plutôt dans le sable… car du sable il y en a plein la bouche d’Adam Stephens quand il entonne ses complaintes sudistes, bluesy et punkoïdes, où l’oncle Joe martyrise Maggie en la traînant par les cheveux dans le coral. Du sable du désert de Mojave, du sable dans le camion du tracteur, du sable dans la tarte aux myrtilles de grandma’… et un p’tit coup de bourbon pour faire passer tout ça. Talentueux chanteur, guitariste et harmoniciste, Adam est soutenu par la rythmique tellurique et survoltée de Tyson Vogel, sweat à capuche taille S coupé aux coudes, les fûts collés-serrés parce que ses bras sont tout petits, et l’énergie explosive du batteur fou du Muppet’s Show.
Revenus récemment avec un troisième album au titre éponyme, c’est toutefois sur les morceaux de What the Toll Tells, leur deuxième album, celui de la révélation, que nos deux galants (du nom d’une nouvelle de Joyce dans Dubliners) ont remporté tous les suffrages. Las Cruces Jail, vraiment génial, nous embarque pour un bastringue dans un bouge infâme ; Waves of Grain toujours aussi émouvant et entraînant, mais fatigué (les deux gars semblent épuisés), achève, avant deux rappels plus acoustiques, cette plongée dans une Amérique profonde des bad boys que ces deux-là restituent et modernisent avec talent.
Martin Terrier
A visiter : le site
A regarder
mercredi 28 novembre
Irish blood, english heart and italian shoes
Morrissey, c’est la classe. Manifestement ce n’est pas la viande qui fait grossir. Momo n’en mange pas mais doit sûrement compenser par un régime pizza-pâtes pour avoir cet embonpoint post-quarantaine. Malgré cela, l’émigré transalpin reste
toujours élégant et fait passer Aldo Maccione pour un ouvrier du bâtiment endimanché.
Morrissey, c’est le mystère. Le chanteur précieux est toujours resté secret sur sa non-sexualité. On ne lui connaît pas la moindre liaison. Sa meilleure idée fut certainement de nous dire, il y a 20 ans, que sa copine était dans le coma. Depuis, délicatesse oblige, c’est motus et bouche cousue.
Morrissey, c’est la star. Enfant naturel de deux icônes, James Dean et Oscar Wilde, le petit Steven joua très tôt à la poupée new-yorkaise. Mais plutôt que de monter sur scène maquillé comme un camion volé, Moz préféra se tortiller en balançant des glaïeuls au public pour devenir culte aux quatre coins du monde.
Tout ça pour vous dire que le Pasolini anglais, qui a annoncé un prochain album pour 2008, sera dès janvier en tournée en France. Les plus optimistes parlent d’une tournée d’adieux. Les plus pessimistes pensent toujours à une reformation des Smiths. A moins que ce soit l’inverse.
Bunganow Bill
A regarder
mercredi 14 novembre
Festival Inrocks 12/11/2007 Paris, La Boule Noire
Pour cause de programmation tardive, Blog Up n’a pas vu les Teenagers et est partie en plein milieu du set super-bourrin de You say Party ! We say die ! Tout craint dans ce groupe, le son l’attitude, les « chansons », C’est vraiment le groupe typique pour étudiants bourrés.
Heureusement, quelques minutes auparavant, Joe Lean and the Jing Jang Jong ont donné à Paris une leçon d’élégance pop. Et là, Blog Up a compris pourquoi, avant même qu’ils aient joué 10 concerts, ils avaient des propositions sérieuses de 8 labels.
Tout d’abord, puisque ils seront certainement attaqué là-dessous, un look méchamment mod à la Small Faces. Déjà un bon point. D’autant plus que tout le matériel est vintage, on se rince l’œil.
Ensuite : une présence scénique adjointe à une énergie sans faille allant jusqu’à la maîtrise du larsen « à la Jesus ».
Et enfin, des chansons mémorables : que des tubes en puissance. Bien sur, deuxième objection « pfff, on dirait les Strokes ». C’est vrai, il y a un rapport mais est-ce important : vous les écoutez souvent vos albums des Strokes ?
Ce qui compte c’est 2008. Et Joe Lean and the Jing Jang Jong en sont déjà les stars. Power to pop ; power to Joe Lean !!
Alexander Grove
A visiter : le myspace
A regarder : Pas à Paris mais quelques jours auparavant en Ecosse
mardi 13 novembre
Festival Inrocks : Paris, La Boule Noire, 9 / 11/ 2007
Montant sur scène vers 23h15, Foals a d’entrée de jeu placé la soirée sous le signe de l’innovation et de la dance. Pensez à Rapture, pensez à Gang of Four, pensez à tous ces anglais qui veulent mélanger punk et funk. Un concert d’une tension inouïe, fascinant à regarder. Un seul défaut : on sent bien qu’ils essaient trop de ne pas être pop. C’est dommage mais c’est très impressionnant.
Ensuite, vient le set de Lightspeed Champion, le nouveau groupe de Dev Hynes. Un choc, sachant que ce dernier était le leader des Test Icicles, un des pires groupes de ces 5 dernières années. Avec Lightspeed Champion, fini le mix metal / jungle / techno, place à de la vraie pop acoustique. C’était superbe et il y avait un violon, pour que Blog Up trouve ça bien, c’est que vraiment c’était fantastique. L’album est pour 2008. A surveiller de près
Et enfin, The Twang monte sur scène. Un peu tard pour la majorité du public qui sort pour choper le dernier métro. Dommage, ils vont manquer un concert de hooligans comme seul Happy Mondays ou Oasis pouvait en proposer à leur age d’or. Live, les chansons de l’album sont superbes, les membres du groupe ont vraiment l’air de s’amuser et leur musique fait bouger les pieds les plus lourds. « Cheers Paris» nous dit le chanteur en partant. « Cheers, mate, it was brilliant ».
Alexander Grove
A visiter : Foals - Lightspeed Champion - The Twang
mardi 09 octobre
Festivités automnales
Le 3ème festival de rock BBmix de Boulogne-Billancourt a lieu du 19 au 28 octobre 2007.
Il accueille de jeunes groupes (Exil, Quack Quack) de la scène musicale actuelle, mais aussi des groupes confirmés (Deerhoof, God is my co-pilot) et mythiques (Young Marble Giants).
En tout, 16 formations françaises, anglaises et américaines donc, mais aussi allemandes (La Batterie) et, plus rare, néo-zélandaises (So So Modern).
Un jeune festival gratuit et couvert, une affiche éclectique et internationale pour un rendez-vous qui compte de plus en plus.
Boulogne est connu pour son bois et ses hooligans. Dans quelques années, on pensera peut-être au rock en évoquant la ville du philanthrope baron de Rothschild.
Bunganow Bill
