lundi 30 juin
My Bloody Valentine – Roundhouse (Londres)
Drôle de sentiment. C’est à la fois heureux et inquiet qu’on s’est rendu dans la belle salle du Roundhouse de Londres pour la
reformation
de My Bloody Valentine. La joie de les entendre à nouveau et la crainte
de les voir se vautrer – et nous avec, rattrapés par des souvenirs de
près de vingt ans nichés dans notre Panthéon portatif, et qu’on aurait
mieux fait de laisser à leur place… Et puis boum. Un morceau (I Only
Said) et tout décolle, tout s’envole, en haut, très haut, fort, très
très fort. Quelques instants pour se rappeler combien ils ont compté et
combien ils nous ont manqué. Des titres d’Isn’t anything, de Loveless
et des EP (plus un morceau non identifié : une nouveauté ?) se sont
enchaînés sans la moindre pause – sinon celle nécessaire à un
changement de guitare systématique pour Bilinda Butcher et Kevin
Shields. Deux heures fantastiques, très intenses et sans apprêt – à
part un timide geste de la main de Bilinda, ni bonsoir, ni merci, ni au
revoir, ni rappel… –, la musique et rien d’autre avec une puissance
démentielle et croissante jusqu’à l’acmé : un finale de 30 minutes sur
You Made Me Realise, chaos et tremblements maîtrisés, ou l’apocalypse
selon saint Kevin. Enorme.
Martin Terrier
Pas mal de vidéos des concerts de ces derniers jours circulent déjà sur YouTube, mais le son (trop puissant pour une bonne capture) y est très médiocre. My Bloody Valentine sera à Paris, au Zénith (beurk…), le 9 juillet. Et vous, où serez-vous ?
Martin Terrier
mercredi 18 juin
Le jour des drôles
La compilation de berceuses Have a good night vit une belle carrière depuis sa mise en ligne. Des Inrocks à Libération et
autres médias, elle se télécharge de plus en plus pour bientôt atteindre les 40 000 téléchargements.
Le retour des auditeurs est tout aussi positif et nous en sommes heureux.
Depuis la semaine dernière nous avons commencé les concerts. Le 12 juin dernier, à Paris nous avons donné un concert pour des enfants de 6 mois à 3 trois. C'était un grand moment !
Aujourd'hui à la bibliothèque de la Part Dieu à 10h30 puis à à celle de la Croix Rousse à 15 h nous organisons un concert. A l'affiche Eliote & the Ritournelles, Versari, Helluvah, She Demons, Rivhak.
La fête continue pour les grands avec un concert au Double Six avec She Demons et Helluvah....
Bref une belle journée, non ?
Mescaleros
A visiter : le site de Blog Up Musique
mardi 17 juin
Un des derniers poètes
Henri Jean Debon est un vidéaste et un musicien que Blog Up apprécie. Il est le réalisateur de la plus part des vidéos de Noir
Désir.
En 1992, Henri Jean est à Londres avec sa caméra Super 8 et il rencontre son idole Jeffrey Lee Pierce. Pour Jeffrey, la situation est difficile avec la fin du Gun Club.
Henri Jean est au plus proche de Jeffrey et pose sa caméra avec discrétion dans cette intimité. Jeffrey, très alcoolisé se livre ses amours, sa condition de musicien. Il se dégage de se portrait de Jeffrey un ennui. Il est dans l'attente. Sa vie est d'être musicien mais il ne peut pas réaliser cela puisqu'il n'a plus de contrat. Alors devant la caméra de Henri Jean il joue et quand Jeffrey joue et chante c'est émouvant et beau.
Hardtimes Killin' Floor Blues offre aussi une scène magnifique entre Jeffrey et sa mère. Le voir, tel un enfant est vraiment très beau.
Jeffrey était un vrai poète, un vrai punk comme il aime à se décrire.
Hardtimes Killin' Floor Blues est un très beau film. Henri Jean avec délicatesse nous fait partager la vie [perdue] de Jeffrey. Un documentaire indispensable.
Mescaleros
A regarder et à visiter : la bande annonce et le site
lundi 16 juin
Modeste et brillant : Ting Tings, l’album
Après les avoir vu en avril dernier, Blog Up vous avait dit tout le bien qu’il pensait des Ting Tings. L’album est sorti depuis
quelques jours, il a une bonne presse. En Grande Bretagne, il a devancé Madonna dans les charts. Et ça fait plaisir de voir cette vieille peau se manger une gamelle.
Surtout quand ses compétiteurs viennent de Manchester (plus exactement de Salford). Car, de mémoire de Blog Up, les Ting Tings sont le premier groupe de Manchester depuis des lustres à ne pas faire penser à Oasis, ni même au Stone Roses. Et ça, c’est déjà une bonne nouvelle.
De manière surprenante, même sur un gros label, les Ting Tings sonnent presque artisanal. Les chansons sont faites avec trois bouts de ficelle. Mais elles utilisent toutes les recettes de la pop music la plus commerciale. A l’écoute de l’album, Blog Up a pensé à Blondie, aux Spice Girls mais aussi à New Order. Car on est bien à Manchester.
Comme l’indique le titre de leur album, les Ting Tings proposent un album modeste qui, pourtant enthousiasme Blog Up. Il sonne frais, il prend pas la tête, il respecte l’auditeur, il est farouchement indépendant dans l’esprit et il nous met de bonne humeur. Un grand groupe pop qui mérite sa place de numéro 1.
Ting Tings : pour les auditeurs de 7 à 77 ans.
Alexander Grove
A visiter : le myspace
jeudi 12 juin
Music for toy
Le dynamique label Monster K7 propose du 12 au 14 juin un festival Music for Toy. La programmation est magnifique
avec des artistes que Blog Up aime comme David Fenech, Aliplays, Pequena Fiera, etc...
C'est au Divan du Monde ce soir à 19 heures que commencera le festival. Trois jours pour découvrir des artistes dont la démarche artistique est intéressante !
Monster K7 ne fait pas les choses à moitié puisque le festival est gratuit alors autant ne pas se priver !
Mescaleros
A visiter : le site
mardi 10 juin
Hercules and the Love Affair live at la Cigale
Dans 99% des cas, la dance music est une chose fonctionnelle dont l’intérêt dépend de votre taux d’alcoolémie, de votre
énergie et de ce que vous souhaitez faire (et avec qui) une fois sorti du club.
Le 1% restant intéresse fortement Blog Up. C’est le faible pourcentage ou, en plus de l’aspect fonctionnel (remuer ses pieds), la musique s’adresse à votre cerveau. Pas à votre intelligence, non, mais à vos émotions. Et là, on atteint le sublime. Trois exemples de réussite totale dans ce domaine : « Blue Monday » par New Order, l’album « Happiness » des Beloved, « Bedsitter » par Soft Cell.
Hercules and the Love Affair avec leur album, viennent de faire une entrée fracassante dans ce cercle très privé. Blog Up n’ira pas dire que c’est l’album de l’année mais c’est certainement celui qui l’a le plus écouté.
La venue enfin d’Hrecules and the Love Affair à Paris (dans le cadre du festival Custom) était donc le point culminant de la saison. Que dire à tout ceux qui ont manqué le concert et qui se ruinent sur e-bay pour obtenir des places pour Radiohead ? Que 10 secondes des New-Yorkais enfoncent en pur feeling 1000 ans d’enregistrements de vos amis d’Oxford.
D’abord, joie de constater qu’on avait affaire à un vrai groupe avec de vrais instruments (batterie, section de cuivres, basse), il y a des machines beaucoup plus house que sur l’album. Antony n’est pas là mais c’est pas grave Car il y a des voix : fragiles, imparfaites, humaines. Oui imparfaites, et c’est là que réside la magie de la prestation. Loin de la machine disco attendue, on croirait presque voir un de ces groupes pré-house signés par Factory Benelux. Un groupe qui tâtonne, un groupe qui invente, un groupe qui vit, un groupe qui donne et se donne.
Blog Up est sorti revigoré avec une foi intacte dans la musique. Il y a les concerts qu’on voit et ceux qui comptent. Celui là est nettement dans la deuxième catégorie. Blog Up y a retrouvé l’esprit même qui agitait l’Hacienda de Manchester. Presque 20 ans qu’on attendait ça.
Les journalistes anglais sont paresseux. Au lieu d’écrire Hercules and The Love Affair, ils écrivent HALA. Hé bien sachez le : HALA est grand.
Alexander Grove
A regarder
samedi 07 juin
De la création
Pour faire suite au papier d'Alexander Grove, à propos du concert de Devo à Paris cette semaine, je me suis fait une
projection des vidéos de Devo.
Les vidéos de Devo sont toujours des réalisations parfaites. Elles ne sont pas brutes avec l'artiste et sa chanson. Il y a une construction.
Par exemple la vidéo pour Jocko Homo est pleine de référence au cinéma de Stanley Kubrick. L'image est réfléchie comme la musique.
C'était une belle intelligence...
Mescaleros
A regarder
vendredi 06 juin
Retour vers le futur
Orphan venait de rentrer chez lui. Dans le couloir, le décor nu de ses murs blancs était toujours aussi rassurant, un peu
comme un hôpital. Une chanson résonnait dans sa tête «Gut Feeling », quel immense classique pensait Orphan se versant un verre d’eau plate. Car Orphan était clean. Mais cela ne l’avait pas empêché de traverser Paris pour voir le concert de ses rétro-futuristes trash préférés : Devo.
Car Orphan en était sur, les punks n’étaient que des hippies déguisés, l’avenir, le modernisme, c’était ce groupe américain produit par Brian Eno, découvert par David Bowie. Leur premier album était formidable.
Ce concert aussi était magnifique, les vidéos : parfaites, très sci-fi fifties, la musique : même chose : entre le surf rock des sixties et l’avant-garde de la fin des seventies. Avec cet élément pop destinés au kids. Le monde moderne était une fantastique aventure et Orphan savait qu’il avait vécu un moment fort dans cette halle de la Villette qui, elle aussi, appartenait au futur.
Et pourtant quelque chose clochait. Quoi donc ? Se demandait Orphan. Les chansons ? Tous les hits étaient là. Orphan avait tapé du pied toute la soirée. Perdant sa réserve habituelle, il avait même chanté « Mongoloid » avec le groupe. Il avait esquissé un pas de danse sur « Satisfäktion ». Non, décidément, la soirée avait été belle.
« Ah , ça y est t’es rentré ? C’est pas trop tôt. T’as vu l’heure qu’il est ? N’oublies pas que tu te lèves tôt, demain, c’est toi qui va voir le proviseur pour les conneries d’Alex, mon boss m’a annulé ma RTT ! » . Le choc était rude pour Orphan, car voyez-vous, nous étions le 3 juin 2008 et Orphan était devenu un père de famille, un Proud Father se disait-il dans un instant d’auto-dérision.
1978, c’était bien loin. Mais cette soirée, ce concert de seniors, ce concert de Devo, il était pas si mal en fait.
Alexander Grove
A regarder
jeudi 05 juin
Le retour du beau son
L'année dernière Blog Up avait plus de temps et il vous proposait un podcast mensuel. Aujourd'hui le temps passe trop vitre
entre le label, l'audioblog et la vraie vie et Blog Up ne peut plus vous proposer ce rendez-vous.
C'était en juin dernier. Pierre Mikaïloff avait rencontré Thunder Express. Thunder Express revient pour une seule et unique date indispensable le 11 juin prochain [ O’Sullivans By the Mills, 92 Boulevard de Clichy, Paris + Medicine Ball Caravan + High School Motherfuckers + Cup of Ty ] !
Thunder Express est la réunion d'artistes de groupes suédois majeurs : Robert Dahlqvist, des Hellacopters s'est entouré de Ebbot Lundberg de Soundtrack Of Our Lives, Nathan Larson de The Cardigans....
Cela donne Republic Disgrace un album essentiel. L'écriture de cet album est parfaite et propulse Republic Disgrace dans la short list des disques essentiels. Les guitares d'une beauté rare, délicate, nerveuse. Le moulinet est élégant !
Ce concert est essentiel au même titre que l'album. Offrons à Thunder Express l'accueil qu'il mérite.
Mescaleros
A regarder la session sur le podcast
A visiter : le myspace de Longfellow Deeds label de Thunder Express
mercredi 04 juin
Mon prénom dans une chanson
Bo Diddley tu es parti. Pour être vraiment honnête, par ici on ne savait plus trop si tu avais passé la guitare à gauche ou non.
Moi, j'étais resté au début de ta carrière à la fin des années 50 et les disques enregistrés chez Chess Records. Et puis surtout je me souviens que dans une de tes chansons il y avait mon prénom... waouh Bo Diddley qui écrit une chanson avec mon prénom dans le titre quel honneur !
Pour Blog Up, Bo Diddley c'est le rock'n'roll avec une belle intelligence. Il nous a offert un rock'n'roll nouveau. Sérieux et fun était la musique de Bo Diddley.
Bo Diddley le rock'n'roll était sa vie. A 79 ans il était sur les planches. RIP
Mescaleros
A regarder
