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samedi 09 février

Une histoire vraie

La semaine dernière à l'affiche c'était les Damned. Un point commun avec ces deux groupes est une salle de concert. En ce temps là j'organisais des concerts : les Damned et les London Cowboys. Avec les Damned nous avons vécu des moments forts, intenses et parfois très inquiétant. Avec les London Cowboys nous avons vécu que très peu de choses.

Sans_titre_1Voilà l'histoire ! Imaginez une ville de province dans les années 80. Le concert est rare et encore plus lorsque l'affiche offre les London Cowboys. La jeunesse locale est là et la salle est sold out.

Heureux l'organisateur sauf que depuis le matin jusqu'à l'entrée en scène de la première partie toujours pas de London Cowboys à l'horizon. L'époque dont je vous parle remonte à un temps où le téléphone portable n'existait pas. Je peux vous assurer que backstage on n'était pas fier. Silence radio. La première partie a fait un concert aussi long que le groupe pouvait assurer et nous étions dans l'attente. La première partie épuisée après avoir tout donné (merci encore à vous !) quitte la scène et nous, nous sommes là... que faisons nous ? Allumer des cierges pas très rock'n'roll ! Boire des bières ils viendront. Nous buvons des bières et encore des bières. Toujours rien ! Et la salle ? Soudain ce public qu'on aime tant on le déteste pourquoi il est encore là ? Il attend quoi ? Il ne serait pas mieux chez lui ! Ce public il attend les London Cowboys comme nous !

Le ton monte ! Trop d'attente, il faut prendre une décision. Il faut se rendre à l'évidence que la partie est perdue. Qui monte sur scène pour annoncer la mauvaise nouvelle ? J'y vais. Toujours impressionnant de monter sur scène. Un signe à la régie et la musique s'arrête. Je ne sais pas comment commencer. Timidement je dis "s'il vous plaît... écoutez...". Le son de la salle est plus fort. Alors je dis très fort : "J'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer". Soudain presque le silence. "Nous ne savons pas où sont passés les London Cowboys. Nous les attendons depuis ce matin. Nous sommes désolés mais le concert est annulé. Nous allons vous rembourser. Sorry". Bien évidemment plus j'annonçais la mauvaise nouvelle plus je devenais l'ennemi numéro 1. Je suis sorti de scène couvert de bière et en plus je n'avais pas fait le show !

La salle se vide dans  la colère. Nous sommes tristes. Nous buvons. La soirée passe ici et puis il est heure de fermer. Triste on ferme. On s'interroge sur l'avenir. On est ensemble. On se retrouve sur le parking de la salle de concert. On entend des voix. Ce n'est pas du français. Ca rigole fort, ça plaisante. C'est un putain d'argot qu'on connaît. Triste nous sommes mais nous allons voir. Un petit camion et autour des garçons qui portent beaux : chemises blanches, jabot, costume... Are you the London Cowboys ?

Et là la réponse qui tue : Yes we are ! Pleased to meet you but it's too late ! On explique que le public est rentré à la maison qu'il est presque minuit. Que la fête est finie. Ils semblent un peu surpris. Triste réalité. Voilà on est sur ce parking. Eux et nous... plus qu'à imaginer une party... mais ça c'est off !

Mescaleros

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Posté par blogup à 10:30 - La vidéo du samedi - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    1 sur 2

    Si on avait effectivement une chance sur deux d'assister à un concert entier de Johnny Thunders ou des London Cowboys, les prestations de futures stars mondiales comme U2 furent aussi perturbées dans les années 80. Il serait réducteur d'associer systématiquement les concerts annulés de musicos consommateurs de substances psychotropes aux conséquences de leurs habitudes toxiques. On a attendu pendant plus de trois heures les Irlandais de U2 dont le matériel était bloqué par les douaniers suisses. Le gig eut finalement lieu... devant une centaine de noctambules plus patients que les autres. Monter des concert rock punk à l'époque tenait du rodéo et du parcours du combattant. Quelques fois, les organisateurs et le public étaient plus défoncés que des bands à la réputation sufureuse ! Je me souviens d'un concert fabuleux de Johnny Thunders au défunt club genevois "Le moulin à danses" où le guitariste des Dolls, alors dans une période très clean, joua merveilleusement devant un public plutôt défoncé.
    Bien cordialement.

    Posté par RClaude, samedi 09 février à 12:19

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