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vendredi 30 novembre

Two Gallants, La Maroquinerie (Paris)

Précédés par Blitzen Trapper, un quintette US foutraque et jubilatoire (rappelez-vous ce nom, ils feront parler d’eux), les deux minots de San Francisco sont entrés sur la scène de la Maroquinerie (26 novembre) pour achever leur tournée Sans_titre_1européenne. Des minots oui, car ils sont bien jeunes et pas bien gros les pinsons ; quand on les voit, on aimerait leur conseiller de manger mieux et plus, la faute à toute cette énergie brûlée sur scène. Comme à leur habitude, ils ont installé eux-mêmes ou presque leur matériel – vieux réflexe du groupe indie devenu grand, mais qui a gardé les pieds sur terre, ou plutôt dans le sable… car du sable il y en a plein la bouche d’Adam Stephens quand il entonne ses complaintes sudistes, bluesy et punkoïdes, où l’oncle Joe martyrise Maggie en la traînant par les cheveux dans le coral. Du sable du désert de Mojave, du sable dans le camion du tracteur, du sable dans la tarte aux myrtilles de grandma’… et un p’tit coup de bourbon pour faire passer tout ça. Talentueux chanteur, guitariste et harmoniciste, Adam est soutenu par la rythmique tellurique et survoltée de Tyson Vogel, sweat à capuche taille S coupé aux coudes, les fûts collés-serrés parce que ses bras sont tout petits, et l’énergie explosive du batteur fou du Muppet’s Show.

Revenus récemment avec un troisième album au titre éponyme, c’est toutefois sur les morceaux de What the Toll Tells, leur deuxième album, celui de la révélation, que nos deux galants (du nom d’une nouvelle de Joyce dans Dubliners) ont remporté tous les suffrages. Las Cruces Jail, vraiment génial, nous embarque pour un bastringue dans un bouge infâme ; Waves of Grain toujours aussi émouvant et entraînant, mais fatigué (les deux gars semblent épuisés), achève, avant deux rappels plus acoustiques, cette plongée dans une Amérique profonde des bad boys que ces deux-là restituent et modernisent avec talent.

Martin Terrier

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jeudi 29 novembre

RIP Fred

Marcia baila on se souvient. Les Rita Mitsouko Catherine et Fred. Fred n'est plus. Triste est Blog Up. Catherine et Fred ont rita_mitsoukoété pendant un moment le voisin de Blog Up. Au Franprix du bled on se voyait et parfois selon l'humeur on se disait deux mots.

Fred je l'ai connu, aussi, en rencontre interview. Les interviews pouvaient durer des heures... Fred était toujours disponible, à l'écoute.

Je vois ton sourire et ton éclat de rire !  Je te vois ouvrir cette cannette de bière et me dire tu en veux une. C'était simple !

Tes guitares étaient belles.Tu jouais de la guitare avec une élégance belle. Ton écriture musicale était réfléchie et cela est tellement rare. A jamais tu as choisi la facilité. Avec Catherine vous avez construit quelque chose d'unique.

Mescaleros

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mercredi 28 novembre

Irish blood, english heart and italian shoes

Morrissey, c’est la classe. Manifestement ce n’est pas la viande qui fait grossir. Momo n’en mange pas mais doit sûrement compenser par un régime pizza-pâtes pour avoir cet embonpoint post-quarantaine. Malgré cela, l’émigré transalpin reste Sans_titre_1toujours élégant et fait passer Aldo Maccione pour un ouvrier du bâtiment endimanché.

Morrissey, c’est le mystère. Le chanteur précieux est toujours resté secret sur sa non-sexualité. On ne lui connaît pas la moindre liaison. Sa meilleure idée fut certainement de nous dire, il y a 20 ans, que sa copine était dans le coma. Depuis, délicatesse oblige, c’est motus et bouche cousue.

Morrissey, c’est la star. Enfant naturel de deux icônes, James Dean et Oscar Wilde, le petit Steven joua très tôt à la poupée new-yorkaise. Mais plutôt que de monter sur scène maquillé comme un camion volé, Moz préféra se tortiller en balançant des glaïeuls au public pour devenir culte aux quatre coins du monde.

Tout ça pour vous dire que le Pasolini anglais, qui a annoncé un prochain album pour 2008, sera dès janvier en tournée en France. Les plus optimistes parlent d’une tournée d’adieux. Les plus pessimistes pensent toujours à une reformation des Smiths. A moins que ce soit l’inverse.

Bunganow Bill

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mardi 27 novembre

Hit the North (épisode 456)

Hmmm, vus êtes bien égarés dans les rues de Manchester, et vous songez à demander votre chemin. Oh super là bas, des Sans_titre_1gens. Vous vous approchez et vous tombez sur ces types. Hé là, vous sentez qu’on est pas la pour rigoler et qu’il faudrait mieux passer son chemin.

Effectivement, The Courteeners ne sont pas là pour rigoler mais Blog up vous conseille de ne pas vous fier à leurs visages peu avenants. Car après tout, on est dans la ville des frères Gallagher.

Non Blog Up vous les conseille. Rien d’orignal, on est dans la lignée des Libs et d’Oasis mais leur chanteur est une grande gueule qui a le don de se faire des amis. Franchement, c’est vraiment bien, c’est la pop prolo du nord de l’Angleterre. C’est indispensable, la recette est connue, ça marche toujours et ils seront à Paris le 24 janvier.

Alexander Grove

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lundi 26 novembre

Come back

Des années que bruissaient les rumeurs sur la reformation de My Bloody Valentine, comète sonique de Kevin Shields et de ses Sans_titre_1compères… Nous y voilà désormais : en plus d’un “nouvel album” (surtout des enregistrements de 93 et 94 revisités, mais peu de nouveaux morceaux) prévu en mars ou avril, le quatuor irlandais reviendra sur scène en Grande-Bretagne fin juin, avant peut-être une tournée plus vaste en Europe. Les places se sont arrachées en quelques minutes, mais Blog Up est parvenu à récupérer un sésame et vous donnera des nouvelles d’une reformation tellement espérée qu’on peut craindre que Bilinda, Deb, Colm et Kevin ne soient TROP attendus.

Qu’ils jouent à fond, fort, plus fort, encore plus fort…

Martin Terrier

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dimanche 25 novembre

Né(e) dans l’ombre du monde

NORMAL, -ALE, -AUX, adj. : Qui est conforme à la norme, à l'état le plus fréquent, habituel ; qui est dépourvu de tout caractère exceptionnel.

Bon, je crois qu’on a suffisamment fait lambiner 0078h à qui Blog Up promit de parler de Genesis P-Orridge. C’est donc le Sans_titre_1moment. Sauf que ce n’est pas évident d’attaquer un tel morceau. Car Genesis, personnage incontournable de la scène rock subversive, est plutôt du genre complexe. Pas complètement ‘normal’. Si tant est qu’on puisse s’accorder sur la définition ci-dessus.

Allez, on se lance, je sais que ce n’est pas facile mais tentons de définir GP-O en quelques mots. D’après ce que l’on sait, on peut dire que c’est au moins un musicien, un provocateur, une torture, un post-punk, un pré-indus, un exilé, un proto-fasciste, une tragédie, un utopiste, un performer, un transformer, un artiste, un génie, un dingue, un pornographe, un monstre, un chanteur, un mutant, un gourou, un clown, un tatoué, un leader, un perturbateur, un naufrage, un malade.

Ce que l’on sait moins c’est s’il est un homme ou une femme. Lui-même n’a pas l’air très sûr. Mais c’est un être complet donc, et complexe, je vous l’avais dit. En perpétuel découverte de son corps et de son esprit. Un défenseur de la ‘positive androgynie’. Un adepte de la violence psychédélique.

Sinon en ce moment, et contrairement à Lady Jaye Breyer P-Orridge qui vient de passer dans l’autre monde, le presque sexagénaire Genesis va bien, merci pour lui ; il se laisse pousser les seins et vient de sortir cette année un énième album avec un Psychic TV reformé. A ce propos, je défie quiconque de me réciter pas cœur et dans l’ordre la discographie complète (live compris) de GP-O, toutes formations confondues. Ami lecteur, si tu ne sais même pas compter jusqu’à 100, laisse tomber le challenge.

Bref, j’ai choisi de parler du deuxième album de Throbbing Gristle : D.o.A. the Third and Final Report (1978). Pourquoi celui-là ? Parce que c’est le premier que j’ai acheté et c’est celui qui m’a donné envie d’avoir toute la collec’. Un excellent argument, non ?

En fait c’est un très bel album, très calme. Un disque du partage. Une leçon d’humanité. On dirait la bande son d’un film contemplatif. Je vois un film (ou un documentaire) sur des paysages, des contrées en paix. Je sens la plénitude. La tranquillité. La douceur de vivre. Le repos. Le temps. Le temps qui passe et qui ne m’effraie pas. Sublime.

Une musique de punk énervé ? Non, pas du tout. Expérimentale et industrielle ? Vaguement. Plutôt électronique et pré-gothique. Une musique de hippie en fait. Un trip. Une transe sonore. Bruitage mais pas bruitiste. Le film de notre vie rêvée.

Ou alors un après apocalypse. Le lendemain d’une catastrophe industrielle. Oui c’est possible. Une prière alors. Plus de vie sur terre. Rien. La fin de tout. La mort de la vie. Seule la machine a résistée. Mais le vent souffle encore sur la terre aride. Le calme est absolu. Et tout est à recommencer, à redéfinir. C’est beau. C’est dimanche. C’est Throbbing Gristle.

Bunganow Bill

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samedi 24 novembre

Médecin de nuit

Ben qu’est-ce qu’il y a mon grand ? Oh ça n’a pas l’air d’aller toi. T’as encore bossé dur toute la nuit, n’est-ce pas ? T’as vraiment une mauvaise mine, alors si ça te dit je t’emmène au pub boire une petite mousse ? ok ? Allez, ça ne peut pas te Sans_titre_1faire de mal. En plus y a Dr. Feelgood qui joue ce soir. Tu vas voir, ils ont drôlement la pêche en ce moment, ils vont te remettre la tête à l’endroit.

Wilko tu l’aimes bien hein ? Ouais, il est trop marrant ce gars on dirait un canard humain avec une guitare-mitraillette ! Et Lee avec ses costards à 2 balles et ses pompes d’ouvrier. Tu crois qui lance une mode ? Allez j’rigole, je sais bien qu’il est au-dessus de tout ça, j’l’adore vraiment ce chanteur. Quant à Sparko le bassiste-danseur, il a tout de la petite frappe qu’il vaut mieux ne pas charrier. The Big Figure lui c’est la classe totale, rien à dire.

Bon alors tu viens ? Je sens qu’on va passer une bonne soirée. Et t’en fais pas, je te ramène après, j’ai le break de mon beau-frère pour le week-end.

Bunganow Bill

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vendredi 23 novembre

Viva Glasvegas

Alors que Blog Up se disait, « n’a-t-on que Joe Lean pour sauver 2008 ? », il a eu un vrai choc. Il a entendu quelque chose de Sans_titre_1différent. Il a découvert Glasvegas.

Les Glasvegas viennent de Glasgow, Blog Up est obsédé par les morceaux de leur myspace depuis deux semaines. Et il n’est pas seul, il y a aussi Ian Brown et Alan Mac Gee. C’est vraiment une découverte ; c’est magnifique. Entre Roy Orbison et la bande son d’un David Lynch. Sublime.

Alexander Grove

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jeudi 22 novembre

Trésor caché en Irlande : y avait pas que U2 dans les 80’s

Il y a 30 ans, à Cork (Irlande), un jeune punk entre dans un magasin de disques et va acheter deux disques. Bien des années plus tard, il expliquera au NME que ce fut une des journées les plus importantes de sa vie et que ces deux disques avaient, non seulement changé sa vie, mais aussi montré le chemin. Quels étaient-ils ? Le premier Clash et « Pet Sounds » des Beach Boys.

Sans_titre_1Il avait raison, ce jeune s’appelait Cathal Coughlan et avec son complice, Sean O’Hagan, ont prouvé que le rock irlandais des années 80 ne se limitait pas seulement à U2.

Entre 1982 et 1988, Microdisney ont fait une pop mi –accessible, mi-fanchement abrupte. Un compromis entre Scott Walker, Clash, Steely Dan et Burt Bacharah. Et là, le lecteur se dit « Au secours ».
Il a tort, il devrait faire comme de grands visionnaires de cet époque : John Peel et le label Rough Trade et prêter une oreille à ce groupe. D’autant plus qu’une très belle compilation vient de sortir et que c’est bientôt Noël.

On y découvre un groupe fondamentalement pop, limite radio fm, en conflit avec lui-même. En conflit avec son côté obscur. C’est beau et inquiétant.
Vu en 1986, ce groupe était complètement schizophrène : de jeunes minets avec un chanteur habillé tout en noir et en perfecto de punk. Le concert commence, dans une ambiance jeune-et-cool dans nos têtes. Quand soudain le type en noir pête les plombs, hurle et fait fuir les filles. Le concert se poursuit dans une tension hallucinante, les minets visiblement dépassés par leur chanteur.

Quelques années plus tard, le groupe signe sur Virgin et produisent des disques bien propres sur eux mais agréables. Mais le groupe se sépare, victime de la tension interne décrite plus haut, Cathal Coughlan ira fonder Fatima Mansions, toujours plus noir, toujours plus extrême et Sean O’Hagan, les High Llamas, une sorte d’hommage rétro au Beach Boys. Mais pour Blog Up, Microdisney reste un trésor caché des 80’s et cette anthologie vous donne l’occasion de le découvrir.

Alexander Grove

Daunt Square To Elsewhere (Anthology 1982-1988) – Microdisney (Castle Music)

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mercredi 21 novembre

Le chant de la terre

Le lac de Fish est le septième album de Tue-Loup, groupe sarthois. Blog Up n'a pas toujours apprécié les albums de Tue-Loup. C'était certainement l'écriture trop pompeuse qui en était la cause. Aujourd'hui quelle merveille que ce Lac de 3421242c1eFish !

Une écriture terrienne comme Jean Louis Murat où la terre prend toute son ampleur. Elle est là, vous la sentez... son climat, son odeur. Un disque terriblement country / folk écrit dans la Sarthe. L'influence américaine est évidente, la Sarthe autre état américain presque tant les compositions de Tue-Loup font penser à des groupes comme Calexico, Palace, Lambchop.

Le lac de Fish est un album rural en français dans le texte. Un album triste mais très réconfortant... peut être la chaleur de la terre, des hommes.

Le lac de Fish est un très bel album par son écriture mais aussi par son ambiance. Une très belle promenade champêtre !

Mescaleros

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