dimanche 30 septembre
Enfant du Sonic
Il y avait dans les années 90 de jeunes gens. Ils étaient de Toulouse. Ils avaient des mots durs mais tellement réels. C'était Diabologum.
Groupe né dans le début des années 90. 1996 grande année pour Diabologum avec la publication de #3. Un ton, une écriture précise sur la société des années 90... juste après l'élection de Chirac en 95. La France est endormie sous les rirres des guignols de l'info. Dans les têtes le vide se fait...
En pleine période de confiance endormie, Diabologum écrit une juste réalité comme le faisait les Bérus dans les 80. La société est regardée, observée. Diabologum sont les enfants de Jean-Luc Godard. Ils portent un regard politique comme la nouvelle vague dans les années 60 l'avait fait. Ils rendront un bel hommage à Jean Eustache sur une mise en musique de "La maman et la putain".
Diabologum avait un regard pertinent. C'était plein d'espoir et bien écrit avec de la culture, des références. Chose qui aujourd'hui manque cruellement...
Le son était là... Du Sonic Youth dans les veines. Belle rythmique et belle guitare parfois double et ensemble. C'était puissant comme les mots.
Mescaleros
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samedi 29 septembre
Happy days... more
Dans cette histoire du rock'n'roll, il y a bien évidemment Elivs mais pour Blog Up,il y a Buddy Holly. Jane Birkin l'a regretté et
surtout Kramer ce grand artiste et producteur (Shimmy dics) new yorkais lui a consacré une magnifique chanson ... Buddy Holly never died...
Pour Blog Up, Buddy est vraiment essentiel. Buddy a fait du rock'n'roll à sa façon. Il se dégageait de Buddy Holly une timidité... une discrétion. Et pourtant son écriture est incroyable d'efficacité. Sous son air de premier de la classe, Buddy Holly est un fucking rock'n'roller !
Et puis la disparition de Buddy Holly dans cet accident d'avion en pleine campagne et dans cette neige rend le personnage encore plus attachant.
Buddy Holly never died... Buddy Holly essentiel !
Mescaleros
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vendredi 28 septembre
Happy days
La fondation Cartier pour l’art contemporain propose depuis juin dernier et jusqu’au 28 octobre une exposition retraçant la naissance du rock’n’roll.
C’est l’occasion de prendre un cours d’histoire et de tout savoir de la musique rebelle de 1939 à 1959. Du boogie-woogie au rhythm’n’blues, en passant par le gospel et la country, de la ségrégation visible à l’effervescence adolescente américaine de l’après-guerre, beaucoup d’aspects musicaux et socio-économiques sont abordés pour resituer l’évolution du nouveau genre musical qui deviendra ce que l’on sait.
Voilà donc une petite expo foire-fouille où vous verrez aussi une Cadillac décapotée, des juke-box d’époque, un film en noir et blanc, des photos encadrées, des magazines en couleurs, des micros sous cloche, des disques à écouter, des vidéos à regarder, des affiches à admirer, et un studio reconstitué.
Et pour les fétichistes, la veste d’Elvis Presley, la cravate de Johnny Cash, et la guitare de Buddy Holly. Il ne manque plus que le slip de Jerry Lee Lewis et les gants de cuir de Vince Taylor pour vous croire un mercredi soir au Balajo.
Bon, sinon y a pas de milk-shake à déguster et le catalogue de l’exposition est un peu cher, mais pour 1 € vous aurez tout de même droit au badge officiel. Et les badges c’est tendance, non ? Même Blog Up vous en a promis.
Bunganow Bill
A visiter : le site de la fondation Cartier
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jeudi 27 septembre
Encore un joyeux bazar !
Il est des structures musicales sans limite. Blog Up vous a déjà dit du bien de la structure modulable I'm from Barcelona.
Aujourd'hui c'est une structure encore plus grande... encore plus folle !
The fragile army [Good records / Socadisc], le nouvel album de The Polyphonic Spree est un disque d'une joie énorme. Dès together we're heavy vous êtes emporté par cette grosse "machine" mélodique que forme The Polyphonic Spree. C'est très pop. De l'école Beach Boys, c'est évident ! Comme si les Beach Boys avaient été 60. Pour aller encore plus loin par instant The Polyphonic Spree vient flirter avec la variété des 70's, comme par exemple avec Abba... The fragile army contient des évidences musicales. Elles sont agréables et heureuses. Quoi de plus ?
Seul reproche à faire à The Polyphonic Spree c'est cette représentation tout en uniforme. Ca fait un peut beaucoup en plus du collectif.
Mescaleros
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mercredi 26 septembre
Le retour du grand blond
Douze ans après Psychic Hearts, Thurston Moore sort un nouvel album solo intitulé "Trees outside the academy". S’il ne
collaborait pas dans tous les coins en plus des sorties régulières des increvables Sonic Youth, on pourrait penser que le musicien est un peu feignasse sur les bords. Mais non, pas du tout, ça bosse dur en fait.
Mais de retour à la maison, pendant que maman Kim fait la popote, notre grand gaillard s’ennuie parfois. Il range ses disques, tourne un peu, puis, discrètement et tranquillement, descend à la cave, gratte sa guitare et compose de gentilles chansons pop. Il se découvre alors un petit talent de songwriter, fait parfois un petit peu de bruit pour faire destroy et sauver sa réputation, est content de lui et souhaite nous en faire profiter.
Il appelle alors son vieux pote Mascis à qui il confie quelques solos graisseux, met un quart des Sonic derrière la batterie et une couche de violon pour singulariser le tout. Il a aussi la bonne idée de chanter une fois en duo, d’ajouter un piano désaccordé, et de balancer 2 ou 3 chef-d’œuvres avant de conclure en bavardage.
Et voilà, ça nous fait une jolie galette pour attaquer l’automne, avec un petit livret de photos de l’artiste en jeune homme, idéal pour des idées de coiffures. Un disque qui sent bon le week-end à la campagne, par un des derniers post-punks à porter la chemise de bûcheron. Un disque paisible et providentiel en tous cas.
Bunganow Bill
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mardi 25 septembre
Atmosphère, atmosphère
Pour accompagner la sortie du film "Control", retraçant la vie de Ian Curtis, l’échoppe d’Agnès B. propose, non pas une tringle vintage des falzars en pur tergal du chanteur de Joy Division, mais des photos du groupe prises par Pierre
René-Worms à l’occasion de leur concert parisien aux Bains-Douches en décembre 1979.
Car, grâce au long métrage d’Anton Corbijn, Joy Div (comme disent les vrais fans) est plus médiatisé que jamais et devient une aubaine pour ses héritiers grâce notamment à la réédition des albums vinyles en coffret luxueux et de la remasterisation des CD avec bonus, et une occasion pour les autres de montrer leurs photos d’époque.
Y a donc de la joie pour tous mais pas beaucoup d’hirondelles. Ce n’est pas le genre d’oiseaux de la maison et ce n’est surtout pas la saison. Enfin… les photos sont là, elles sont chouettes et inédites, et c’est gratuit alors allez-y. Vous pourrez peut-être même vous dénicher un beau manteau pour cet hiver dans la nouvelle collection de la patronne.
Et puis une rumeur court à propos d’une reformation du groupe avec les quatre membres originels pour un concert-souvenir, suivi d’une messe noire au Père-Lachaise. On parle également de Tony Wilson en maître de cérémonie. Tout ça reste bien sûr à vérifier alors restons à l’écoute.
Bunganow Bill
A visiter : du 8 septembre au 6 octobre 2007 à la boutique Agnès B., 3 et 6 rue du Jour, Paris 1er
lundi 24 septembre
Surenchère
Blog Up s'interroge et a le sentiment qu'il y a péril en la demeure. Blog Up reçoit des disques. Dans la tendance de la
rentrée, beaucoup de jeunes groupes anglais.
Ici on essaye de créer une nouvelle scène rock avec des kids en pantalon slim et prenant la pose comme il faut pour les magazines feminin. Le son d'ici est plus à la décharge New York Dolls, Ramones et l'histoire d'avant et d'après.
En Angleterre, en 2007, on trouve une nouvelle scène qui s'affiche jeune et propre. Ils semblent bien encadrés. Sans réelle surprise. Les références trop évidentes et la voix trop normée du chanteur fait également redouter la petite factory qui saura produire le "good product" pour le "good result". On sent le produit éphémère dont la durée de vie est subtilement calculée pour ne pas dépasser le temps d'une mode.
Si c'est ça, ce n'est pas très drôle !
Vous voulez des noms ? Air Traffic, par exemple...
Mescaleros
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dimanche 23 septembre
Punk toujours
A l'heure où les Pistols se reforment pour un concert anniversaire, il serait de bon ton d'avoir une pensée pour les Damned, groupe trop souvent oublié dans la génèse de l'histoire du punk anglais. C'est dommage parce les Damned ont été un des
moteurs de cette scène punk.
Souvenez vous de New Rose cet incroyable single paru en 1976 qui donnera naissance quelques années plus tard à ce beau label français. Nous sommes en 1976 et les Damned signent chez Stiff pour un single. Grâce à la puissance de ce New Rose, les Damned partent en tournée US et dans la foulée enregistrent le fameux Damned Damned Damned.
La pochette tarte à la crème symbolise bien l'univers de cet album pas sérieux et pas totalement réussi. On a l'impression que les Damned ont voulu faire une grosse blague... un truc vraiment punk !
Ils se permettent même de reprendre 1970 des Stooges en lui donnant un nouveau titre : I feel alright.
Ce fameux Damned Damned Damned est un disque un peu trop oublié dont l'énergie est de toute beauté.
Mescaleros
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samedi 22 septembre
Black & white
Hier Martin Terrier vous présentait le nouvel album de PJ Harvey à paraître lundi prochain. Pour la vidéo du samedi, j'ai choisi
la vidéo de Man Size.
Ouverture en noir et blanc. PJ une rose aux lèvres danse en tenant une robe. Son ombre est portée au mur. On pense à Buñel. Les cheveux tirés en arrière, elle danse presque de manière académique.
Fondu au noir. PJ Harvey et assise en culotte blache et t-shirt. Plan fixe. PJ danse tel "l'iguane". C'est nerveux et tendu tout son buste en action. Plan fixe et toujours le noir et blanc. C'est froid. La lumière est belle. Un beau noir et blanc.
Mescaleros
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vendredi 21 septembre
PJ HARVEY – White Chalk
Vous vous souvenez de Dry, Rid of Me, To Bring You My Love… c’était hier ou presque. Une succession de baignes
électriques où la belle du Somerset venait infliger une leçon de rage, de classe, d’énergie et de talent au monde du rock. On ne s’en est jamais vraiment remis. Au fil du temps, PJ Harvey s’est faite moins furieuse, mais s’est attachée à chiader toujours un peu plus ses compositions pour livrer, par exemple, Stories from the City, Stories from the Sea – un album splendide, mais au sujet duquel beaucoup firent la fine bouche, alors déçus de la voir s’assagir. On peut se calmer sur la durée, faire la même chose mais moins intensément, ce qu’elle fit alors. On peut aussi tout changer ou presque, ce qu’elle fait aujourd’hui. Car plus qu’un nouvel album, c’est une mutation qui s’opère, une rupture comme seule peut s’autoriser l’immense et imprèvisible artiste qu’elle est.
Pour commencer, Polly Jean a rangé sa Gretsch dans l’armoire. Oui, vous avez bien lu : pas une note de guitare électrique dans White Chalk. Quelques accompagnements acoustiques, un peu de mandoline, de la harpe… Les cordes pincées sont rares, elles seront donc frappées : le piano occupe ainsi tout l’espace mélodique avec la voix, pleine ou chuchotée de la belle Anglaise. Derrière, à peine une basse, quelques cœurs angéliques, de l’orgue parfois, des percussions discrétes… Nous voilà partis pour une fresque pudique et brève (à peine 35 minutes), mais d’une intensité émotionnelle peu commune. A l’unisson de la magnifique photo de l’album, nous plongeons dans un univers victorien, romantique et nostalgique. Sœur Brontë perdue ou Alice désenchantée au pays des merveilles, PJ Harvey brode sur sa robe blanche les mélodies de la perte, de l’attente, de l’espoir, du pardon, et c’est magnifique. Oui, beau, triste et magnifique. Tant de musiciens rÍveraient d’écrire des titres aussi simples et somptueux que Dear Darkness, Broken Harp ou Mountain…
White Chalk culmine enfin avec Silence, une chanson comme on n’en avait pas entendue depuis… depuis quoi d’ailleurs ? Y flotte cette mélancolie universelle des amours perdues. Vous rappelez-vous ? Vous étiez avachi dans ce bar de nulle part, malheureux comme un chien, vous aviez un peu trop bu. Polly Jean continuait son chemin sans vous. Elle s’était approchée, vous avait caressé la joue et dit doucement : “Ne sois pas triste, tu sais bien que je suis une fille invivable.” Et comme vous pleurnichiez encore, elle s’était retournée pour vous murmurer : “Silence.”
Martin Terrier
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