dimanche 05 août
La pop écossaise # 6 : Josef K : des freaks vraiment chics
A Edinburgh en 1977, comme dans de nombreuses villes du monde entier, des groupes se forment inspirés par ce mouvement punk qui secouent le monde.
Josef K fait partie de cette vague.
Au départ, influencés par le Velvet Underground et Television, Josef K cherche très vite à se différencier d’un son punk déjà conformiste. Pour l’anecdote, leur premier batteur ne l’a pas supporté et est parti rejoindre The Exploited. Beau choix de carrière.
Sans le savoir, à l’instar de PIL, de Joy Division, de Gang Of Four, Josef K invente le post-punk. Leur truc : ajouter à l’ambiance austère de leurs guitares Television et de la voix bowiesque du chanteur, les rythmiques de Chic. Le résultat est sensationnel. La découverte de Josef K dans les années 80 par Blog up a été un des rares vrais et très grands chocs strictement musicaux de sa vie.
Mais revenons à l’année 1980, Josef K va bénéficier de deux concours de circonstances. D’abord être signé par Postcard Records, label indépendant à forte identité artistique et visuelle, à l’instar de Factory et, justement, le chanteur du groupe vedette de chez Factory se susicide cette année-là.
La mythologisation de cette mort brutale par certains soi-disants fans, lie désormais un climat morbide, vraiment trop sombre au post-punk. En réaction, la presse musicale anglaise en quête de porte de sortie et, en particulier justement les journalistes qui soutenaient Joy Division, encense maintenant Josef K : même sobriété, même origine provinciale, même style de label (indépendant et mené par un visionnaire) mais plus pop et plus léger.
Tous les singles de Josef K des années 1980-81 sont des bombes atomiques. L’album baptisé « The Only Fun in Town » est attendu tel le messie pour l’été 1981. Et là, Blog up va vous surprendre, cet album très court est un échec. La production est plate, sans relief et l’écoute intégrale de l’album laisse sur sa fin. Désappointé, le groupe se sépare fin 81 après un dernier single d’adieu, lui aussi sublime.
Alors Josef K, un groupe à oublier ? Non certainement pas, ça reste pour Blog up un des ses groupes préférés de tous les temps. Leur influence est encore perceptible de nos jours (évidente chez Franz Ferdinand mais on en décèle des traces chez Klaxons et les Strokes).
En fait le sommet musical de Josef K n’est pas l’album mais une Peel session de la même époque. Vous la trouverez avec les singles sur les nombreuses compilations du groupe en particulier sur Entomolgy dont vous a entretenu Carella en début d’année.
Josef K était tellement grandiose qu’il n’avait même pas besoin de réussir leur premier album.
Alexander Grove
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