dimanche 08 juillet
La pop écossaise # 2 : Strawberry Switchblade: La pop écossaise pour jeunes filles
Lors de l’écriture de cet article, votre chroniqueur s’est livré à une petite introspection, et s’est interrogé sur le fait que cet album, éphémère et futile, est resté sur son électrophone en permanence pendant un mois ou deux après sa sortie
alors que jusqu'à ce jour il n’a pas encore écouté un album de Bob Dylan ou des Rolling Stones. Pour les ‘Blades, cela sûrement à voir avec une certaine attraction pour Rose McDowall, la pop adolescente et mélancolique, pour les autres c’est trop tard.
Pur produit de la Pop de Glasgow, le groupe tourne autour de la carriériste et manipulatrice Rose McDowall et de l’agoraphobe et timide Jill Bryson, gravite dans la galaxie Postcard (le nom a été trouvé par le guitariste d’Orange Juice ; Roddy frame joue sur leur premier simple), et fait les chœurs chez les Pastels. Le duo développe un style kinky à base de pois noirs et blancs et vont entraîner un petit culte fashion avec leurs Rah Rah Skirts et cheveux crêpés.
Vite repéré par Bill Drummond (alors scout chez Warner), le groupe s’engage pour quelques singles (dont « Since Yesterday » qui atteint le Top5) et un album éponyme en 1985.
Miné par des tensions internes, un succès arrivé trop vite, le duo, suivant un schéma devenu classique, explose peu après. Rose McDowall s’embarque dans une carrière bizarre chez Psychic TV et Current 93, Jill Bryson arrête la musique et se marie avec le bassiste de Julian Cope (on la voit en photo sur l’album 20 Mothers)
Strawberry Switchblade est en fait un groupe de pop classique sonnant comme Orange Juice vs the Shop Assistants (on s’en rend compte sur les lives et Peel sessions), qui passant sur une major, s’est vu collé un son commercial, et typiquement 80’s destiné à plaire aux adolescentes et finir sur Smash Hits, l’album fera d’ailleurs un honnête Top25. Le son de l’album est très daté de nos jours, mais les chansons, typiquement Pop, restent attachantes comme 10 Orr James Street, ou Secrets et les singles extraits : Since yesterday, Let her go et Who knows what love is et ses trompettes catchy.
Bourré de tous les défauts que l’on peut relever chez les groupes techno-pop mid 80’s, l’album exerce encore une certaine fascination avec ses mélodies éthérées qui peuvent faire penser aux Marine Girls ou Week end (surtout sur les sessions produites par Robin Millar). Sa réécoute a entraîné chez votre chroniqueur un certain plaisir malsain et devrait tourner encore quelques temps sur ses platines. Quand a Dylan…
A noter la très bonne version du groupe de Sunday Morning.
Carella
A visiter : un site avec une mine d’infos sur le groupe (à télécharger les Peel sessions)
