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vendredi 11 mai

Rickie Lee Jones – La Cigale – 9 mai 2007

Les Californiens ne sont pas tout à fait comme vous et moi. Ça, nous le savions déjà. Par exemple, avant un concert, ils brûlent de l’encens et allument des bougies.

ammkPrésenté comme ça, ça peut paraître un peu baba, mais, en fait, il s’agit d’autre chose. Juste une ambiance cool, « laid back », qui sied à une soirée barbecue sur une plage sauvage mexicaine.

Qui sied aussi à un concert de Rickie Lee Jones. Personnage indestructible de la fin des seventies, qui a survécu à tout : L’alcool, la défonce et l’amour.

Mis à part l’encens, l’autre sérieux défaut des Californiens – ceux de la région de San Francisco, en particulier -, c’est ce goût qui perdure pour les oripeaux sixties. Si vous vous demandiez qui a racheté le stock de costumes utilisé pendant le tournage de « Hair », eh, bien, vous avez la réponse : Rickie Lee Jones. Les robes brodées, les vestes afghanes, les babouches… Tout !

Cependant, cela n’affecte  en rien sa musique, ne vous inquiétez pas.

Et il se passe des choses étonnantes sur scène. La plupart des morceaux de Rickie Lee Jones reposant sur deux accords, ils se prêtent évidemment à des arrangements velvetiens… C’est l’option qu’elle a choisie pour un bon quart de son répertoire. Pour le reste, cela va de l’habillage jazz/blues, au son New Orleans (version Allen Toussaint), en passant par quelques séquences acoustiques (guitare/voix).

Sa voix est étonnante. Pas très juste, certes, mais Rickie Lee Jones est une autodidacte, elle passe en force. Elle explore divers univers musicaux, les dompte, les fait siens. Avec ses seules armes : Deux accords, des textes et des mélodies envoûtantes.

Je ne peux pas terminer, cependant, avant de vous avoir mis en garde : N’y allez pas avec votre petit(e) ami(e). Car ses chansons d’amour sont tellement tristes qu’on en vient vite à la seule conclusion possible : Pourquoi s’obstiner puisqu’on sait que ça va mal finir ? 

Pierre Mikaïloff

A regarder

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jeudi 10 mai

Kaiser Chiefs – 8 mai 2007 – concert Europe 2 – Trabendo

Ces trois premiers morceaux !… Pendant une dizaine de minutes, j’ai eu l’impression d’assister au concert de l’année. Ce début de show surclassait tout ce que j’ai vu au cours de ces derniers mois.

Les boys sont arrivés incroyablement soudés, efficaces d’entrée de jeu, et ont balancé coup sur coup trois bâtons deSans_titre_1 dynamite.

Tandis qu’ils jouaient, je songeais à des Wings reformés, à George Harrison (pour les chorus de guitares), à Electric Light Orchestra (pour le côte « catchy »), et à Roxy Music (pour ces mélodies qui n’en sont pas).

Mais je songeais aussi aux groupes de la génération précédente, à dix, quinze ans de là : Oasis, Primal Scream, Happy Mondays, Stone Roses…

Je me suis alors fait la réflexion que ce qui changeait, entre ces deux générations de brit pop, c’était les drogues. Ou plutôt l’absence de certaines drogues.

Si un concert des Stone Roses ou des Happy Mondays était imprévisible, au moins nous réservaient-ils l’avantage de la surprise. Ils étaient soit géniaux, soit pitoyables.

Mais les noughties sont sages. Nous le savions déjà.

Alors revenons à Kaiser Chiefs… C’est un peu le groupe du coin de la rue qui aurait réussi, à force de travail et de pugnacité. Comme si vos copains de pub avaient fini par monter ce groupe dont ils parlaient depuis si longtemps et que, contre toute attente, ça ne s’avérait pas si mal !

Il y a cette proximité chez eux. Ils ont l’air abordables. Et, pour une fois, le fait que des musiciens aient l’air « normaux » n’est pas dérangeant.

Revenons au début de cette chronique : Que s’est-il passé après les trois premiers morceaux killers ? Eh, bien, une étonnante baisse de rythme… Le reste du concert fut en dents de scie. Une alternance de leurs tubes (un peu sirupeux) et de titres d’albums, eux, vraiment jouissifs.   

Bon, ce n’était qu’un concert privé. Il est certain qu’il ne s’agissait pas d’un show typique de Kaiser Chiefs. A revoir donc, dans les vraies conditions du live.

Pierre Mikaïloff

A regarder :

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mercredi 09 mai

Premier essai

drunkdog_MBFIl y a déjà quelque temps que Blog Up avait repéré My broken frame. Le disque circulait chez le disquaire Ground Zero. C'était un peu confidentiel mais aujourd'hui grâce à Drunk Dog et Waterhouse records le disque va bénéficier d'une réelle distribution et c'est bien.

My broken frame c'est Guillaume Léglise. C'est l'écriture d'un jeune homme. Un jeune homme qui écrit déjà bien mais qui se cherche. En neuf titres courts, il réussi, pour ce premier album à nous faire découvrir de belle manière, malgrès quelques imperfections, ces compositions intimes. Chapell Hill est un album intime.

Guillaume Léglise a parfaitement su "calibrer" son album dans un format ni trop long, ni trop court qui va parfaitement à son univers. A découvrir, donc,

Mescaleros

A visiter : le site de Drunk Dog et son myspace

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mardi 08 mai

Drôles d’oiseaux

Sans_titre_1La pochette de leur dernier album fait penser à Suzanne Lenglen qui aurait reçu le prix Goncourt, un bandeau rouge annonçant le titre et le nom du groupe venant enserrer une pochette cartonnée ou le jeu de jambes de la joueuse de tennis le dispute à sa plastique de pin up.

« 23 » est conçu sur le même principe que leur album précédent alternant au chant tout au long des 10 morceaux qui le composent tantôt une voix féminine tantôt une voix masculine. « Misery is a Butterfly », l’album précédent sus évoqué constituait un virage dans leur discographie visant à concilier les tentatives expérimentales du début de leur carrière avec une pop plus acidulée et n’était, cela devient évident à l’écoute de « 23 » qu’un coup d’essai.

Voilà un disque qui vous permet de descendre le cours d’un fleuve en une nuit ou de traverser une frontière les yeux fermés ; sans coup férir une invitation au voyage.

Aéré et tendu (on reste aux aguets notamment grâce à la voix de Kazu Makino), dense et pondéré dans sa tonalité musicale, extrêmement bien produit, le dernier album des Blonde Redhead nous propose une série de morceaux essentiels et sensuels. Un album déjà très apprécié.

FBA

A visiter : le myspace
A regarder

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lundi 07 mai

Du son et des images

logo_podLe podcast est de retour ! Depuis le mois de février, Blog Up n'a pas trouvé le temps de mettre à jour le site. Blog Up fait peut être trop de choses entre la mise à jour au quotidien du site et le label. Bref, le podcast nouveau est là !

Au sommaire, les jeunes pousses anglaises Good Shoes, une rencontre avec Philippe Blanchet le directeur de collection de Castor Music et aussi le retour de Pierre Mikaïloff !

Pour l'avenir, le podcast existera toujours mais peut être avec une périodicité différente.

C'est le podcast et ça s'écoute et se regarde !

Mescaleros

A visiter : le podcast

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dimanche 06 mai

The Gun Club : La murder ballad d’un groupe essentiel - Part 3 - Lost highway

Nous ne sommes qu’en 1982 et, déjà, tout est dit ou presque. Non qu’il faille négliger la suite discographique de Gun Club – qui recèle des splendeurs, dont notamment Moonlight Motel et Eternally Is Here sur Las Vegas Story –, mais parce qu’en ayant choisi un créneau rock intransigeant et primitif (ce qu’il faut évidemment lire comme un compliment), la suite ne pouvait être qu’une forme de déclinaison. C’est d’ailleurs tout à l’honneur de Jeffrey Lee Pierce de n’avoir pas sacrifié au moindre effet de mode. Peut-être aussi peut-on comprendre dans cette “rigueur” de Gun Club et de son leader la formidable injustice faite à un groupe majeur qui, s’il eut toujours un public fidèle, ne connut jamais véritablement une reconnaissance massive, plus que méritée, et à laquelle eurent pourtant droit pas mal de pingouins à la même époque. Mais revenons à 1983… L’usure, les conflits internes et les défonces diverses – qui ne sont pas toujours garantes de Sans_titre_1créativité – rendent la formation initiale instable. A compter de cette époque, la constitution de The Gun Club sera perpétuellement changeante, plaçant, s’il en était besoin, Jeffrey Lee Pierce au centre de tout. Ce dernier file à New York et enregistre en 1983 l’intense mini-album Death Party en power trio avec Jim Duckworth à la guitare et Dee Pop à la batterie. Entre temps, Ward Dotson est parti et Kid Congo signe son retour à la guitare, Rob Ritter a cédé sa place à la basse à Patricia Morrison (avant que celle-ci ne rejoigne Sisters of Mercy). Quant à Terry Graham, il restera à la batterie jusqu’en 1984, année où le Gun Club sort l’excellent Las Vegas Story. Antienne de tant de groupes, le batteur posera dès lors toujours problème au Gun Club après le départ de Terry Graham. Nick Sanderson, Desi et Simon Fish se succéderont à sa place. Dans ces années 84-90 sortent plusieurs enregistrements live, ni bootlegs ni disques officiels. Il apparaît que des membres du groupe ou de l’entourage de Gun Club  refilaient alors les bandes à des producteurs contre du blé…

En 1987, la bassiste japonaise Romi Mori finira par rejoindre Gun Club – elle sera la compagne de Jeffrey Lee Pierce jusqu’à la fin de sa vie –, pour l’enregistrement d’un Mother Juno impeccable mais sans surprise. Suivront le compliqué Pastoral Hide & Seek en 1990, puis l’essouflé et ultime Lucky Jim en 1993. Essouflé comme Jeffrey Lee Pierce… Celui-ci venait d’enregistrer sous le nom de Ramblin’Jeffrey Lee un album de blues intimiste, son deuxième disque solo après le mésestimé Wildweed en 1985 (non compté le mini Flamingo). Lui comme les autres se retirent alors en Californie. Jeffrey Lee Pierce y entreprendra entre autre l’écriture d’un bouquin qui restera inachevé, apparaissant de temps à autre dans ces clubs angelenos d’où tout était parti. En mars 1996, rendant visite à son père dans l’Utah, il est victime d’une hémorragie cérébrale et, passé huit jours de coma, rejoint, à 37 ans seulement, le paradis des losers magnifiques entre Geronimo et Hendrix, Billy the Kid et Robert Johnson. Aux dernières nouvelles, il y chante mieux que les anges…

“I've gone down the river of sadness
I've gone down the river of pain
in the dark, under the wires.
I hear them call my name”

Martin Terrier

A visiter : Deux sites internet au graphisme vieillot et peu engageant mais qui fourmillent d’infos : bio, photos, anecdotes, discographie complète (y compris les bootlegs) : limbos et the gun club

A regarder

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samedi 05 mai

Fluo

Sans_titre_1Pour cause de femme qui s’emmêlent, Blog Up n’a pas pu vous parler du nouvel album d’Arctic Monkeys. Le propos sera d’une simplicité biblique : il est génial. Plus subtil, plus mélodieux avec des grosses guitares à la Queens Of the Stone Age. La malédiction du deuxième album les a épargnés.

Là, c’est la semaine dernière devant des babas californiens et c’est un futur tube. On parie ?

Alexander Grove

A regarder

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vendredi 04 mai

White Man In Hammersmith Palais : aged 50

Le 1er avril a eu lieu un événement dans cette bonne cité de Londres : la dernière soirée de l’Hammersmith Palais avant fermeture, rénovation et spéculation immobilière.

Ouvert en 1919, l’Hammersmith Palais est une salle légendaire qui a accueilli, entre autres, Bill Haley mais aussi PIL, les Cramps, mais aussi les Stones et Bowie. Sans oublier Clash.

Sans_titre_1Riche idée d’inviter The Fall pour cette dernière soirée. Mark E Smith vient d’avoir 50 ans et sa légende est au moins égale à celle de l’Hammersmith.

En toute première partie, devant une salle à moitié vide, a joué Mona Soyoc. Oui, celle de Kas Produkt, Blog Up vous le dit : une soirée d’exception.

Même s’il a plutôt suivi le groupe pendant les années 80 et début 90, la montée en scène de The Fall provoque chez Blog Up une montée d’adrénaline. La musique étant toujours la même (Blog up se fait des amis chez les « «Mark E Smithologues » !), le groupe interchangeable, tout repose sur Mark E Smith. Pas de problèmes, il est fantastique de charisme malsain et, grâce son groupe, c’est parti pour 50 minutes de garage-rock tout en tension et sans aucune trace de frime.

Le répertoire est basé sur le dernier album « Reformation post TLC » (d’après un ami de Blog Up présent lui aussi), le public est à fond, bien aidé par l’offre promotionnelle : 3 Fosters, 10 £, on ferme, on brade. Le public, majoritairement 35-50 ans, bien teigneux, limite beauf, craindrait presque. Tout est en tension, la musique, le groupe, les gens, la salle, la soirée. Du Rock’n’Roll. Du vrai, pas du N**st.

L’incident finit par arriver. Alors que le groupe a quitté la scène et que les roadies ont tout réinstallé, quelqu’un s’empare du micro pour faire un discours incohérent attaquant Mark E Smith. Il s’échappe avant l’arrivée de la sécurité. Seulement, quand le groupe revient, la sécurité est toujours sur scène. Provoquant le départ de Mark E Smith avec ces mots fantastiques, les derniers prononcés à l’Hammersmith  : "Thank you for allowing us into your security area." Le rappel avorte ainsi  au bout de 50 secondes. Le groupe ne reviendra pas.

Le DJ balance le « We Are Your Friends » de Justice Vs Simian. Certains dansent, d’autres piquent des souvenirs (lampes, etc… ), la plupart se presse pour choper le dernier métro. C’était la dernière soirée de l’Hammersmith Palais.

Alexander Grove

A regarder
Super document





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jeudi 03 mai

Alternative Oldsters - Stiff Little Fingers live at the London Astoria (30/03/2007)

En 1979-80, de nombreux punks, déçus par “London Calling”, se tournaient vers “Inflammable Material” le premier album de Stiff Little Fingers (et premier succès commercial de Rough Trade Records).

Sans_titre_1Ce groupe, formé en 1977, avait gardé l’esprit du premier album de Clash mais adapté au contexte pour le moins glauque de l’Irlande en guerre.

Trente ans plus tard, Blog up est à l’Astoria pour les voir en concert. Contrairement à ses nombreux confrères, et avec de nombreux changements de personnel, le groupe ne s’est jamais séparé et a une discographie pléthorique.

Mais ce soir est un événement : le bassiste originel est revenu et SLF va jouer son premier album dans l’ordre. Pour l’anecdote, si le bassiste d’époque est là, c’est parce que Bruce Foxton, oui le Bruce Foxton, a quitté SLF pour reformer justement Jam avec Rick Buckler mais sans Paul Weller. Blog up ne sait pas s’il doit rire ou pleurer de cette nouvelle.

Revenons à l’Astoria. Le fan typique 2007 de SLF est plutôt un homme, la quarantaine, chauve avec un peu de bedaine masquée par un T-shirt reproduisant souvent le premier album de Clash ( ?).

Le concert commence et il faut subir un répertoire tirant sur le Big Country version métal. Même si le groupe est digne, la musique est horrible. Viens enfin le grand moment : jouer « Inflammable Material ». Malgré le son toujours trop métal, Blog up a tapé du pied à l’écoute de « Wasted Life », « No More of That » et surtout « Alternative Ulster », ce single inusable.

Le public est à fond dedans. Le corps a 45 ans, le cœur 17.

Le concert s’achève par une reprise de « The Boys are Back in Town » de Thin Lizzy. Blog Up quitte la salle en se disant « les punks sont peut-être de retour mais tout le monde s’en fout » et, même s’il a apprécié le concert, Blog up aussi. Mais sitôt rentré chez lui, il a ressorti ses vinyls juste pour les regarder….

Alexander Grove

A regarder [C’est pas l’Astoria mais quelques jours avant]

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mercredi 02 mai

Plaies and replay

Influencé par la ready made de Marcel Duchamp d’une part, la performance et le happening d’autre part, Christian Marclay défend l’idée que « la musique est un matériau ».

1528marclay5« Cherchant à libérer la musique de sa captivité », il en étudie les possibilités à travers le format vidéo. Flirtant avec l’absurde cela donne une œuvre comme « Crossfire » où le spectateur pris sous le feu croisé de détonations et d’images d’armes à feu pointées dans sa direction, finirait par se coucher à terre et quitterait l’espace de projection en roulé boulé, histoire de tenter de se prémunir d’une telle agression.

Mais Christian Marclay sait aussi apaiser notre sensibilité. « Video Quartet » est une ode à la poésie du rapport au vivantChristian_Marclay faite de plans musicaux extraits de films. Cette œuvre effleure quelques tierces secondes l’idée qu’on pourrait se faire du bonheur dans notre société du spectacle.

Avec en ligne de mire cet idéal : « exercer un art invisible » mais non sans bruit, entre simulation et dissimulation.

FDBA

A visiter
Cité de la musique
221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris
M° Porte de Pantin
du mardi au samedi de 12h à 18h et le dimanche de 10h à 18h.

A regarder

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