vendredi 20 avril
On a dansé ensemble (mais par habitude)
The Rakes / the Holloways / We Start Fires live at the London Brixton Academy (30 mars 2007)
Blog Up avait beaucoup aimé le premier album des Rakes. Il a eu la chance de les voir à leur grand concert londonien avec la tournée de leur deuxième album. Le public est massif, souvent très jeune, quelquefois accompagné d’un parent.
We Start Fires, ont la même configuration qu’Elastica (3 filles, un gars), la même juvénile énergie, le même charme et une facilité dans les refrains, elles tiennent la scène sans problèmes. Le meilleur moment de la soirée et en club, ça doit être dément.
Un nom à retenir.
Viennent ensuite les Holloways, déjà aperçus en première partie des Babyshambles. Ce sont des amis de Pete Doherty. Comme lui, ils sont amoureux d’une Angleterre mythique mais de là à s’inspirer de la musique folklorique, il y a une limite que The Holloways franchit tranquillement. Pour aller ou ? Dans un festival, les pieds dans la boue et sans Blog up.
Le show de The Rakes est parfaitement huilé mais il faut reconnaître une chose : les nouveaux morceaux ne sont pas au niveau, le charisme du groupe est proche de zéro, C’est du déjà vu, déjà entendu à l’instar des deux derniers singles quasiment interchangeable et pourtant pas si mal. On a aimés The Rakes parce qu’ils nous ressemblaient. Comme autrefois quand on faisait des imitations de Ian Curtis ou de Jarvis Cocker pour faire rires les filles : elle riaient, certes, mais par pitié. Ce soir elles dansent pour le même motif.
Jugez par vous-même.
Alexander Grove
(The Rakes seront à l’Elysée Montmartre ce 21 avril, on leur laissera une seconde chance)
A visiter : le myspace de We Start Fires
A regarder : le clip du prochain single de We Start Fires
jeudi 19 avril
What a wonderful life
Jeffrey Hyman alias Joey Ramone est un glandeur né le 19 mai 1951 à New York. Trop grand, trop maigre, binoclard, prostitué, souffrant de troubles obsessionnels compulsifs, Joey a tout pour faire un loser de référence. De plus, son corps ne supportant pas la drogue (!), il boit au point d’en devenir alcoolo. Ah, la vie est dure parfois…
Et
pourtant, chanteur exceptionnel et personnage au charisme sans
faille, il trouve sa voix dans le glitter au sein des Sniper. Fan des
New York Dolls, il sombre dans la paillette et les plateformes-boots,
brûle les planches du Coventry et crève le plafond, se
fait un peu trop remarquer dans les quartiers chauds et finit par se
faire défoncer la tronche par des petits voyous locaux qui
n’ont pas su voir en lui l’avenir du rock (plutôt que
l’autre plouc du New Jersey). Ah, la vie est injuste parfois…
Car en rejoignant ensuite Dee Dee et Johnny pour former les Ramones en 1974, Joey, avec un look parfait et une personnalité attachante, deviendra la super star du punk-rock américain que l’on sait. Et si Lou est le père et Iggy le parrain, c’est sûr, Joey est le grand frère de la famille. Gabba Gabba Hey ! Comment ? Mais oui, mais oui Joey, va jouer avec les autres.
Après de nombreux disques en groupe ou en solo, il meurt d’un cancer le 15 avril 2001. Ah, la vie est triste parfois…
Bunganow Bill
A regarder
mercredi 18 avril
Angel Dust in Paradise - Desordre - Olivier Assayas
Votre chroniqueur a vu Désordre lors de sa sortie il y a fort longtemps et en avait gardé un vague souvenir où se croisaient Etienne Daho, les Woodentops et une nouvelle génération d’acteurs (à l’époque inconnus). Un film rock. Il se souvient que le film l’avait impressionné mais sans plus de détails.
Revoir donc Désordre
suite à sa sortie DVD (votre chroniqueur a un peu traîné
il est vrai, le DVD est sorti en 2003) relevait à rafraîchir
une mémoire influencée, depuis, par la vision des films
suivants d’Olivier Assayas.
Ce qui frappe est la fièvre, la justesse de ton (noir) de l’ensemble et des situations que l’on retrouve dans chaque groupe de rock en déroute (la reprise d’étude du leader, le départ à l’armée d’un membre fondateur, les histoires de filles et le manque d’argent), puis le sabordage alors que le succès arrive. La perte d’inspiration. Le suicide. Le casse du début est secondaire et représente la somme de tous ces problèmes. Il laisse présager de la fin du groupe. Les histoires sentimentales sont une distraction dans le film et soulignent la distraction qu’elles apportent dans le fonctionnement du (d’un) groupe. Assayas se concentre surtout sur les musiciens et leurs difficultés à aboutir. Le clou du film est le voyage en ferry (Dieppe-Newhaven) et l’auteur recrée avec perfection l’atmosphère glauque qui traînait dans ces traversés. Un très beau film et un témoignage sur le rock français de cette époque.
A noter sur le DVD, les indispensables clips de Jacno, premières oeuvres filmées par Assayas Rectangle: Deux chansons de Jacno (1980). 2 moments musicaux intemporels.
Carella
A regarder : Son travail avec Sonic Youth
mardi 17 avril
Killing everyone
Les Stooges font l’actualité en ce début de printemps : un nouvel album (The Weirdness), une tournée pour le vendre, un DVD à venir (Once a Stooge, always a Stooge), des couvertures de magazines, des articles en veux-tu en voilà, et même un très bon hors série des inrocks avec, une fois n’est pas coutume, un cd attrayant (démos, live, inédits du groupe).
Mais
pourquoi les légendaires Stooges se reforment-ils plus de 30
ans après leur dernier album (Raw power, 1973) ? Pour
l’argent comme tout le monde ? Même pas. Pour le fun, le
simple plaisir de jouer ensemble et prolonger les retrouvailles du
dernier solo d’Iggy (Skull ring, 2003) ? Peut-être. Pour
honorer un contrat qui court depuis belle lurette ? Il paraît,
quitte à détruire le mythe avec un album pourri, un
album de trop.
Bon après tout on n’est pas obligé de l’écouter ce nouveau disque, y a qu’à l’ignorer, réécouter Fun house et attendre que ça passe. Mais ça serait dommage car il n’est pas si mauvais que ça, au contraire, il ressemble un peu à une suite de chansons paillardes survoltées et électrifiées (nos gars n’ont jamais eu l’habitude de faire dans la dentelle), chantées par un vieux crooner des bas-fonds à la voix reconnaissable entre toutes, portées par le gros son des killers de Detroit en pleine forme et aidés par Steve Albini à la production.
Un disque finalement assez réussi même si, évidemment, il n’est pas à la hauteur des trois premiers avec lesquels la comparaison est inévitable. Bien sûr, on pouvait s’y attendre tellement les précédents sont parfaits, font partie de l’histoire du rock et ont influencé des milliers de groupes. Mais si vous aimez les Stooges vous ne regretterez pas votre achat qui contient déjà le classique ‘ My idea of fun’ et rappelle à tous ceux (trop nombreux) qui ont tendance à l’oublier, ce qu’est le rock pur jus.
C’est qu’Iggy le miraculé n’a pas grandi, les frères Asheton plus ronds mais toujours menaçants sont bien là (Ron a repris sa guitare et Scott a toujours une frappe de brute), Mick Watt (ex-Minutemen) tient la basse et le sax de Steve Mackay est également de retour. Une reformation plus qu’honnête donc, même si Dave Alexander, dévoré par les vers depuis longtemps, manque évidemment à l’appel et que James Williamson porte désormais la cravate de cadre plutôt que la guitare pour applaudir le groupe côté salle.
Et pour les concerts, ce n’est pas la peine de nous faire l’article ; on sait l’iguane toujours showman et pas avare de vieux titres du répertoire stoogien. Bref, si vous êtes un fan vous serez heureux de voir (ou de revoir pour les plus anciens) vos vieux potes du Michigan en chair et en os. Profitez-en, ça ne durera pas, car s’il faut encore attendre 34 ans…
Bunganow Bill
A visiter : le myspace
lundi 16 avril
Il était de passage
Il était de passage sur terre Tim Buckley. Il est parti à 28 ans et son fils Jeff en a fait de même en disparisant à tout jamais dans les flots du Mississippi à 29 ans. Curieuse destinée pour la famille Buckley.
My fleeting house [Manifesto records / Socadisc] est un DVD consacré à la courte mais riche carrière de Tim Buckley. Le film démarre en 1967 pour s'achever à l'année 1974. Ce film propose de nombreux enregistrements de Tim Buckley. La qualité de l'image et du son est à souligner.
On y (re) découvre un Tim Buckley charmeur qui fait corps avec sa douze cordes. C'est très intéressant d'observer son jeu de guitare. My fleeting house propose une intéressante chronologie de l'oeuvre de Tim Buckley. Cette chronologie permet de vivre l'évolution musicale de Tim Buckley qui parti d'un folk classique ira à la fin de son oeuvre vers des sons plus proches du jazz.
Le DVD propose de nombreux extraits d'émissions TV. On sent chez Tim Buckley un engagement complet dans ce qu'il fait notamment son engagement politique dans cette amérique en guerre.
Ce film permet de bien se rendre compte de l'héritage musical que nous a laissé Tim Buckley. N'oublions pas qu'en 8 ans de carrière Tim Bucley a écrit pas moins de neuf albums.
Le film est complété par des témoignages parfois un peu trop long de musiciens ayant travaillé avec Tim Buckley.
Mescaleros
A regarder
dimanche 15 avril
Billy Bragg- 25 ans de carrière
Les années
2000 commencent bien pour Billy Bragg avec la parution du second opus
de chansons de Woody Guthrie (Mermaid Avenue vol II). La rupture de
sa collaboration avec le groupe Wilco le force ensuite à
monter son propre groupe. Les Blokes (en référence à
son précédent album William Bloke) contient notamment
Ian McLaglan , clavier des Small faces et Faces, et des
collaborateurs de Shriekback et 3 Mustaphas 3. Apres une tournée
américaine couronnée de succès, Bragg décide
de conserver le line up pour une tournée européenne et
un album studio. Ce sera « England, Half English » .
L’album contient un mix typique de Bragg avec des chansons
politiques autours de ses sujets favoris et des chansons plus
sentimentales. La production est moins Pop- folk que les précédents
disques écrits par Bragg et mélange les genres ;
il révèle de plus son intérêt plus
prononcé pour une recherche de l’identité anglaise.
Souvent décrié par le BNP et les politiciens Tory pour
encourager la multiplicité ethnique en Grande-Bretagne, Bragg
s’interroge sur la signification d’être anglais de nos
jours. Il poursuivra ce débat avec « The
Progressive Patriot » (2006), un livre où il
discute le fait que le patriotisme n’est pas exclusivement réservé
aux partis de droite.
La suite de la décennie est plus calme musicalement et se distingue par la sortie de nombreuses compilations et rééditions. Récemment Billy Bragg, a fait les titres en retirant ses chansons de sa page Myspace pou protester contre les conditions ambiguës du service offerts par Myspace (ceci n’est sûrement pas étranger au fait que Myspace appartienne au groupe de presse de Rupert Murdoch, une des têtes de turc de Billy Bragg). Myspace a du refaire ses conditions et Billy a remis ses chansons en ligne.
Son combat actuel, inspiré de « Jail Guitar Doors » » est d’offrir des guitares « Clash » à des prisonniers dans le but de réduire leur rechute après leur libération.
Un nouvel album est prévu.
Carella
A visiter : le site de Jail Guitar Doors et le site de Cooking Vinyl qui réédite la très belle intégrale Billy Bragg
A regarder :
samedi 14 avril
Faute de piercing pénien
Blog Up n’ayant pas encore la vidéo de la pose du piercing pénien de Pete Doherty, on passe sur l’actualité et on replonge dans le passé On saisi quand même la perche fournie par la sortie Deluxe de " Steve McQueen " de Prefab Sprout pour vous proposer un live de 1985. Paddy Mc Aloon était le clone fiévreux de Vini Reilly, et pas encore le sosie de Jerry Garcia qu’il sera 15 ans plus tard.
Une performance qui nous rappelle que cet album est plus musclé que le souvenir que l’on en a.
Carella
A regarder
vendredi 13 avril
T’as le look coco
Non, les 69 tribus du rock par M.-A. Millanvoye et T. Bruna-Rosso n’est pas un catalogue de vente par correspondance. Si vous avez besoin d’une panoplie de rocker pour une fête de fin d’année, ce n’est pas la peine de contacter l’éditeur (Scali, en l’occurrence). Ce livre est sérieux, il revisite l’histoire de la musique populaire à travers ses multiples mouvements, en examinant (surtout) les différents looks (déguisements ?) de chaque style musical.
Cet ouvrage très bien écrit (soulignons-le) qui reprend le texte des 50 ans de rock et de looks rebelles (Scali-Nova, 2004), sans les photos donc, nous plonge dans le grand arbre généalogique du Rock, en abordant à la façon d’un dictionnaire thématique et quasi chronologique, les différentes familles et leurs ramifications qui vont du rock’n’roll des origines à l’odyssée techno du 3ème millénaire.
On a à faire ici à un véritable travail de classification, digne d’un ethno-sociologue en herbe, des codes et signes de reconnaissance propres à chaque tribu (psychobillies, fraggles, space funks, glitters, cyberpunks…) en détaillant par exemple, les chausses (mocassins, creepers, clark’s, santiag, rangers…), les douilles (bananes, brushing pailleté, dreadlocks, spike hair, cheveux longs et/ou gras…), la musique (superpop, soul, funk, glam, punk…). Ludique et pédagogique donc.
Un petit ‘le saviez-vous’ vient compléter à chaque fois l’étude d’un thème, et permet de livrer quelques anecdotes sur telle ou telle personnalité incontournable d’un courant ; le costume doré d’Elvis à 10.000 dollars, l’égarement capillaire (american mullet) de David Bowie, les casquettes de motard sadomaso du Grand master Flash, etc.
Tout cela nous donne un livre finalement plutôt drôle, érudit et bien sûr recommandable.
Bunganow Bill
A visiter : le site de Scali et le site de Nova
A regarder :
jeudi 12 avril
Beau retour
Il y a des disques qu'on attend... qu'on espère plus de peur d'être déçu ou parce qu'il ne viendra pas. Il y a des albums dont on rêve. On le sait par avance beau parce que l'artiste est cet(te) artiste. Le temps passe on oublie presque cette attente.
Pour Blog Up, il y a ce premier album publié en 1979. C'est en amérique. Le punk est encore là et voilà qu'arrive la voix de Rickie Lee Jones. Un disque hors du temps musical.
Le temps passe.
Un jour lointain arrive The sermon on exposition boulevard [New West - Socadisc], belle pochette tout en collage et il y a un nom celui de Rickie Lee Jones. Urgence d'écoute immédiate et quel bonheur !
Nobody knows my name (c'est une plaisanterie Rickie ?!) est énorme tout en guitare et en voix... un standard évident par son écriture. Deux guitares avec cette voix de Rickie habillent ce titre. Voila Rickie vous a pris et ne vous lâchera pas durant les 13 titres de cet album.
Il y a des titres énormes comme le très gainsbourien Failling up, la ballade Stones Where I like it best, le Tom Waits Tried to be a man ou encore Donkey ride, la pop song à la Tom Petty Circle in the sand. Rickie Lee Jones termine The sermon on exposition boulevard par deux titres au dessus de tout. Le très free vocal Road to Emmaus et le tout en longueur et intime I was there.
Tout est bien beau... un disque plaisir.
Cet album est jubilatoire. Du bonheur !
Et Blog Up imagine une rencontre un peu folle avec Jesse Sykes. Oui il imagine très bien cette rencontre ça serait un grand moment.
Mescaleros
A visiter : son myspace
En concert à la Cigale le 9 mai
mercredi 11 avril
Des retrouvailles
Blog Up n'a pas écouté Variety [Because - sortie le 23 avril] , le nouvel album des Rita Mitsouko. Dans Télérama de la semaine dernière il y a un interview très bien de Catherine et Fred.
"Tout au long des années 90, on a été un peu largués. C’était l’époque du grand métissage, et on a commencé à mélanger un peu tout. Ça n’a rien donné. Ce n’est pas parce qu’on met un bassiste de funk, une guitare acoustique et un batteur chinois que c’est forcément plus intéressant. On y a juste perdu la pêche qu’on avait aux débuts des années 80. On s’est fait piéger par le musicalement correct français".
"C’est drôle, les gars avec qui on joue aujourd’hui étaient encore ados à l’époque de C’est comme ça. Et c’est la première fois que je m’entends bien avec des musiciens français. Malgré le décalage de génération, on a les mêmes racines musicales… Avec eux, j’ai retrouvé ce que j’aimais profondément : la musique occidentale, tout bêtement. Pendant des années, je m’en suis éloigné. C’est toujours intéressant intellectuellement d’explorer, de chercher ailleurs, mais au niveau du résultat artistique, ça l’est assez peu. Quand je repense à tous les bidouillages, les prises de tête pour utiliser tel son ou tel instrument parce que c’était la mode. On se retrouvait avec un plat sur lequel on entassait la mayonnaise, le ketchup, trois cornichons… Comme on n’est pas nuls, il y avait toujours trois bonnes chansons, mais dans l’ensemble, c’était des assemblages d’éléments de l’air du temps. Et je trouve que presque toute la musique actuelle n’est que ça ! J’entends très peu de choses spontanées, qui jaillissent d’une vision personnelle."
"C’est aussi un clin d’œil à la variété française d’avant, celle d’un Claude François : je ne l’appréciais pas spécialement, mais, comme tout le monde, je l’entendais à la radio. Joe Dassin, aussi. Moi, j’aimais les Beatles ou les Rolling Stones, mais il faut reconnaître que c’était écoutable. Ces types savaient jouer du piano ou de la guitare, chanter. Ils connaissaient leur métier. On a perdu ça, je crois. Cloclo, il a eu du succès parce que c’était un super danseur et il avait un très bon répertoire. Ce n’était pas dur, il pompait le « top 10 » américain de chez Motown. Sauf que, maintenant, j’en connais plein qui pompent tout autant les Américains, le R’n’B et compagnie, et c’est affligeant… De toute façon, en France, il y a qui ? Philippe Katerine, Rachid Taha, et puis Etienne Daho. Ils font ce qu’ils disent et ce qu’ils veulent. Ils ont tout mon respect. Mais Manu Chao, non, par exemple. Ce n’est pas un musicien. C’est un politique. Comme Renaud. Ils prennent la musique en otage pour faire du militantisme. La musique, c’est un paillasson sur lequel ils s’essuient les pieds. Derrière, je n’entends qu’une bande de suiveurs qui se préoccupent de préserver leur pré carré. La musique, c’est un vrai travail et c’est dur. Mais en France, on ne travaille pas, on se contente d’un tout petit niveau musical. Je trouve terrible qu’on accorde moins de crédit à Daho qu’à des types comme Doc Gynéco ou JoeyStarr."
"Le discours d’un Gynéco peut se résumer ainsi : « Si j’étais riche, je m’achèterais une Porsche et je t’emmerderais, bâtard. » Je les connais bien ces types, j’ai travaillé avec eux. Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C’est affreux."
"J’ai été subjugué vers l’âge de 14 ans. Ma base, ce sont les Beatles, Léo Ferré et Prokofiev. J’écoutais autant Ferré en boucle que les Beatles. Brassens aussi, mais ce sont les textes de Ferré qui m’ont marqué. Une chanson comme La Solitude, avec cette idée : « Il faut aller laver ce qui nous reste de conscience dans les laveries automatiques », c’est formidable. Il avait tout compris. Si on a vraiment eu un grand artiste dans la musique populaire, visionnaire, capable de s’exprimer aussi bien seul au piano, avec un groupe de pop électrique ou un grand orchestre, c’est lui. Il composait, écrivait les arrangements et était un immense poète. Léo Ferré devrait être reconnu comme un monument culturel. Eh bien non. En France, on préférera toujours Renaud. Ferré est haï, c’est normal, car personne ne détestait plus que lui l’establishment. Et l’establishment le lui rend bien. Renaud, lui, il a tout bon : il est antiaméricain, il est contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Il suffit d’aussi peu pour toucher un maximum de gens en France."
Enfin des artistes sincères. Ca fait du bien de lire cela.
Mescaleros
A visiter : le myspace et l'interview complète sur le site de Télérama

