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mercredi 11 avril

Des retrouvailles

Blog Up n'a pas écouté Variety [Because - sortie le 23 avril] , le nouvel album des Rita Mitsouko. Dans Télérama de la semaine dernière il y a un interview très bien de Catherine et Fred.

l_d0dfb65fa76bf28af4463f758a721507Quelques extraits

"Tout au long des années 90, on a été un peu largués. C’était l’époque du grand métissage, et on a commencé à mélanger un peu tout. Ça n’a rien donné. Ce n’est pas parce qu’on met un bassiste de funk, une guitare acoustique et un batteur chinois que c’est forcément plus intéressant. On y a juste perdu la pêche qu’on avait aux débuts des années 80. On s’est fait piéger par le musicalement correct français".

"C’est drôle, les gars avec qui on joue aujourd’hui étaient encore ados à l’époque de C’est comme ça. Et c’est la première fois que je m’entends bien avec des musiciens français. Malgré le décalage de génération, on a les mêmes racines musicales… Avec eux, j’ai retrouvé ce que j’aimais profondément : la musique occidentale, tout bêtement. Pendant des années, je m’en suis éloigné. C’est toujours intéressant intellectuellement d’explorer, de chercher ailleurs, mais au niveau du résultat artistique, ça l’est assez peu. Quand je repense à tous les bidouillages, les prises de tête pour utiliser tel son ou tel instrument parce que c’était la mode. On se retrouvait avec un plat sur lequel on entassait la mayonnaise, le ketchup, trois cornichons… Comme on n’est pas nuls, il y avait toujours trois bonnes chansons, mais dans l’ensemble, c’était des assemblages d’éléments de l’air du temps. Et je trouve que presque toute la musique actuelle n’est que ça ! J’entends très peu de choses spontanées, qui jaillissent d’une vision personnelle."

"C’est aussi un clin d’œil à la variété française d’avant, celle d’un Claude François : je ne l’appréciais pas spécialement, mais, comme tout le monde, je l’entendais à la radio. Joe Dassin, aussi. Moi, j’aimais les Beatles ou les Rolling Stones, mais il faut reconnaître que c’était écoutable. Ces types savaient jouer du piano ou de la guitare, chanter. Ils connaissaient leur métier. On a perdu ça, je crois. Cloclo, il a eu du succès parce que c’était un super danseur et il avait un très bon répertoire. Ce n’était pas dur, il pompait le « top 10 » américain de chez Motown. Sauf que, maintenant, j’en connais plein qui pompent tout autant les Américains, le R’n’B et compagnie, et c’est affligeant… De toute façon, en France, il y a qui ? Philippe Katerine, Rachid Taha, et puis Etienne Daho. Ils font ce qu’ils disent et ce qu’ils veulent. Ils ont tout mon respect. Mais Manu Chao, non, par exemple. Ce n’est pas un musicien. C’est un politique. Comme Renaud. Ils prennent la musique en otage pour faire du militantisme. La musique, c’est un paillasson sur lequel ils s’essuient les pieds. Derrière, je n’entends qu’une bande de suiveurs qui se préoccupent de préserver leur pré carré. La musique, c’est un vrai travail et c’est dur. Mais en France, on ne travaille pas, on se contente d’un tout petit niveau musical. Je trouve terrible qu’on accorde moins de crédit à Daho qu’à des types comme Doc Gynéco ou JoeyStarr."

"Le discours d’un Gynéco peut se résumer ainsi : « Si j’étais riche, je m’achèterais une Porsche et je t’emmerderais, bâtard. » Je les connais bien ces types, j’ai travaillé avec eux. Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C’est affreux."

"J’ai été subjugué vers l’âge de 14 ans. Ma base, ce sont les Beatles, Léo Ferré et Prokofiev. J’écoutais autant Ferré en boucle que les Beatles. Brassens aussi, mais ce sont les textes de Ferré qui m’ont marqué. Une chanson comme La Solitude, avec cette idée : « Il faut aller laver ce qui nous reste de conscience dans les laveries automatiques », c’est formidable. Il avait tout compris. Si on a vraiment eu un grand artiste dans la musique populaire, visionnaire, capable de s’exprimer aussi bien seul au piano, avec un groupe de pop électrique ou un grand orchestre, c’est lui. Il composait, écrivait les arrangements et était un immense poète. Léo Ferré devrait être reconnu comme un monument culturel. Eh bien non. En France, on préférera toujours Renaud. Ferré est haï, c’est normal, car personne ne détestait plus que lui l’establishment. Et l’establishment le lui rend bien. Renaud, lui, il a tout bon : il est antiaméricain, il est contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Il suffit d’aussi peu pour toucher un maximum de gens en France."

Enfin des artistes sincères. Ca fait du bien de lire cela.

Mescaleros

A visiter : le myspace et l'interview complète sur le site de Télérama

Posté par blogup à 10:30 - Périphérique - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    C’est affreux.

    "Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C’est affreux."
    :

    ah! ouais ! pour vous c'est ça une interview très bien ? Des propos réducteurs et puants, that's all ! Pathétique !

    Posté par Arturo B., mercredi 11 avril à 12:37
  • Puants ?

    Fred Chichin évoque son expérience comme il le dit plus haut. Il a travaillé une quarantaine de rappeurs. Il donne son sentiment. Il n'y a rien de puant à dire cela. C'est son constat.

    Posté par Mescaleros, mercredi 11 avril à 16:49
  • Dans l'air du temps

    Un constat ? Un raccourci plutôt !

    Enfin bon ! Il n'est pas le seul en ce moment à faire ce genre de constat.

    Une interview qui pue bien le conservatisme, une interview dans l'air du temps, quoi !

    Il me semble pour ma part que, musicalement, les années 9O était bien plus passionnantes et tournées vers l'avenir que les années 00 qui puent la Converse neuve mais qui font le bonheur de nos papas rockeurs (Avez-vous écouté cet ignoble album des Stooges ? Albini devait avoir besoin d'argent pour produire une telle daube !)

    Bref...

    Posté par Arturo B., mercredi 11 avril à 18:47

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