dimanche 18 février
La punkette du dimanche : Poly Styrene / X-Ray Spex "Germ free adolescents"
En 1976, la jeune Mari Elliott pense devenir chanteuse, tendance soul-reggae. (un single « Silly Billy » sur GTO, non-classé dans les charts). Un beau jour, elle voit par hasard un concert de ces londoniens qui commencent à faire tant parler d’eux : les Sex Pistols. Et là, tel Joe Strummer, Mari est clouée au sol, elle voit la lumière. Désormais, elle est punk et son nom est Poly Styrene. Elle place une annonce dans le NME et Melody Maker pendant ce très chaud été 76 qui commence ainsi « Young punx who want to stick it together ».
Les young punx en question vont s’appeler X-Ray Spex. Faisant leur début au Roxy de Covent Garden, ils se font vite remarquer et sortent le single « Oh Bondage up yours ».
Mais leur grande année est 1978. Pendant que tous les pionniers du mouvement se séparent, que Clash montre ses premières velléités de classicisme rock, bref que tout se délite, X-Ray Spex, tout en gardant l’esprit, occupe le terrain avec les singles « Identity » et « The Day the World turned Day-Glo ». L’album qui suit est du même métal. « Germ Free Adolescents » est un grand disque punk.
Déjà, si la musique est vraiment punk-rock dans la lignée Pistols, il faut noter l’usage immodéré d’un saxophone plutôt strident qui, joint au chant similaire de Poly Styrene ne contribue pas exactement au confort d’écoute. Mais fuck les bab’s et leur jazz-rock, reste une excitation totale totalement jouissive et l’esprit d’une époque où on ne se prend pas au sérieux. Plutôt que de dénoncer par des slogans simplistes ou de s’enfoncer dans le nihilisme, X-Ray Spex choisit l’humour, son univers est en couleurs fluo (30 ans avant Klaxons) et on célèbre avec ironie le fait d’être artificiel et d’adorer la société consumériste. Finalement, cette attitude préfigure la New Wave. X-Ray Spex n’aura pas le temps d’en profiter, Poly Styrene flippe et fait une crise mystique, elle finira chez les Krishna en 1980. Dommage.
En 2007, leur album est un peu difficile à écouter sur toute la longueur mais les singles restent fantastiques. Mais justement, le punk-rock, comme chacun sait, ça s’écoute surtout en singles. Ceux de X-Ray Spex sont indispensables. C’est le Londres Teenage de 1978, on s’amuse et demain on verra.
A noter : le groupe s’est reformé dans les années 90 et a même sorti un album. Blog Up n’a pas voulu gâcher ses souvenirs en l’écoutant. Il vous prie de l’excuser
L'avis de Doc Reggae (alias Bruno ‘In the City’ Blum)
Poly a dû prendre trop de speed du temps d'X Ray Spex, qui était un groupe génial. Je les ai vues au Roxy début 77. "I'm a Cliché" est mon single punk favori avec "I Can't Come" des Snivelling Shits avec Giovanni Dadomo. Après son premier album en 78, Poly a fait une sorte de dépression. Le succès ne lui a pas réussi. Quand je l'ai interviewée, elle était cassée aux anti-dépresseurs je crois. Elle pouvait à peine parler. C'était triste.
Retrouvez Doc Reggae : son site et ses disques et ses livres
Un fantastique concert pour la TV anglaise, le très jeune Blog Up serait-il dans le pogo ?
Alexander Grove
À regarder :
samedi 17 février
Rendons Grâce à…..
Sur l’album des Klaxons, il y a un
morceau qui s’appelle « It’s Not Over Yet »
assez puissant avec une mélodie dans la lignée New
Order / Beloved. En lisant attentivement le livret, Blog up s’est
rendu compte qu’il s’agit d’une reprise.
Voici l’original, et là, c’est vraiment très Beloved (Paul Oakenfold est dans le coup). A ranger dans le rayon « Guilty Pleasure », l’interprète s’appelle Grace, qu’est elle devenue ?
Alexander Grove
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vendredi 16 février
Lost but happy
En ces temps de redécouverte de la C86, Blog Up vous recommande chaudement la toute nouvelle édition de la compilation Lost But Happy des Wolfhounds.
Formé en 1985, les Wolfhounds ont été vite signé sur le légendaire label « Pink Records » qui avait découvert les June Brides. Ensuite, ils ont poursuivi leur carrière jusqu’au split final de 1990 chez Midnight Music.
Les Wolfhounds étaient très différents du groupe C86 tel qu’on l’imagine : pas de coupe Byrd, pas de look sixties, surtout pas de Sha la la. Non plutôt une tension à la The Fall / Sonic Youth renforcée par la voix limite lydonesque de Dave Callaghan mais, bizarrement, pas si loin des Smiths.
Leur musique sans concession ne leur a ouvert que les portes du John Peel show, ils sont bien oubliés aujourd’hui, laissez vous tenter.
Ici, les Wolfhounds performent leur plus gros hit à l’occasion d’une reformation 2006 pour lancer la désormais fameuse compilation CD86. La rage est toujours là.
(Au début des années 90, Dave Callaghan a tenté un come back avec Moonshake, plus electro. Groupe très impressionnant live).
Alexander Grove
À visiter : le site de Cherry Red Records
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jeudi 15 février
Virage artistique
On avait pour habitude de le voir derrière des platines ou des samplers. Aujourd'hui il faudra s'habituer à le voir avec une guitare et une basse. Rassurez-vous le sampler reste toujours à la portée de sa main. Lui, c'est Alex Gopher !
Un jour, Alex Gopher a senti le besoin de changer de manière de travailler : "J'en ai eu assez de fabriquer des morceaux avec des samples. Cela faisait cinq ou six ans que je le faisais, c'était devenu la routine. Un jour, j'ai débranché mon sampler tout simplement.".
Alex est ainsi revenu aux sources comme il y a 20 ans lorsqu'il formait avec les Air, le groupe Orange. A l'époque Alex était bassiste aujourd'hui fort de l'expérience acquise pendant ces vingt dernières années Alex, ce touche à tout, a écrit cet album en travaillant au piano ou à la guitare.
Retour aux sources aussi, par les influences que dégagent cet album. Le son des 80's est bien présent. Pour Alex ces influences l'ont fabriqué musicalement. Elles ont pour nom New Order, Talking Heads. D'ailleurs par moment la voix d'Alex n'est pas sans rappeler la voix de David Byrne.
Et oui, la grande nouveauté c'est qu'Alex chante aussi ! Cet album est donc une grande révolution pour Alex, et pour nous ?
Blog Up ne croit pas se tromper en écrivant que ce nouvel album va bousculer la scène française. Pourquoi ? Parce qu'Alex Gopher a écrit un terrible album de pop dansante. Oui, celle qui va nous accompagner sur le dancefloor. L'écriture des titres est parfaite et l'album bénéficie d'un son énorme ! Alex Gopher dans ce virage artistique a réussi à écrire un album cohérent, pop et extrêment dansant.
Lundi 19 février, Alex Gopher présentera son nouvel album (sortie le 26/02 - V2) au Nouveau Casino.
Mescaleros
À visiter : son myspace
mercredi 14 février
Dans le poste
Blog Up Musique est invité ce soir à 19h30 de l'émission Crash Test sur Radio Campus Paris (93.9). Il sera question de Have a good night Star et Moon.
Pour le concert du mercredi 28 mars réservé aux enfants, ne tardez pas pour réserver votre place.
A ce soir dans le poste.
Mescaleros
À visiter : le site de Radio Campus Paris et le site de Blog Up Musique
The View « Hats Off the Buskers »
Vous connaissez James Endeacott ? A la fin des années 80, il jouait dans Loop, un groupe psychedelico-stoogien. Au début des années 2000 il travaille pour Rough Trade et, toujours fidèle au cuir noir, découvre les Strokes et les Libertines. Bref, un homme qui a de l’oreille et du flair.
Après ce joli doublé, il se met à son compte et créée " 1965 records " d’après sa date de naissance. The View est sa dernière découverte.
Ecossais, venant d’une banlieue de Dundee, The View se sont fait remarquer dès leur premier single " Wasted Little DJ ". Beaucoup, tel Blog up, ont cessé toute activité la première fois qu’ils l’ont entendu pour tout simplement l’écouter. Cette chanson est tout simplement parfaite dans une lignée Buzzcocks / Undertones / Libertines. Les deux singles suivants confirment. La hype se déclenche : soutien appuyé de Bobby Gillespie, de Mani, de Pete Doherty et par ricochet de toute la presse musicale UK.
Et maintenant voici l’album. Produit par Owen Morris, l’homme derrière les deux premiers Oasis, C’est lui qui est sorti de sa retraite et leur a demandé de pouvoir les produire. Comme vous vous en doutez, le son est énorme.
Tous les singles sont présents et les autres morceaux sont du même calibre, mélodiquement parlant. On retrouve les influences pop punk cités plus haut et aussi du ska. Et toujours dans un esprit pas éloigné des La’s. Cet album, promis a un succès énorme en Angleterre, démontre deux choses : messieurs Doherty et Barat vont devoir sérieusement penser à bosser et avec trois coup d’éclat en moins de 10 ans, James Endeacott est-il le nouvel Alan Mac Gee ?
En tous cas, " Hats Off the Buskers " est nécessaire à votre hiver. C’est le son de Londres revu et corrigé par l’Ecosse, moins folk, plus punk, toujours brillant, comme un cuir noir sous la pluie.
Alexander Grove
À regarder : des vidéos
mardi 13 février
Good Old Boys
The Good the Bad & the Queen - Au Cabaret sauvage, le 6 février à Paris
Qu’attendions-nous
de la réunion sur scène des quatre cadors de The Good
The Bad & The Queen, sinon qu’ils nous fassent (re)découvrir
et aimer, ou non, leur album ? Pour les uns éprouver le
(grand) talent d’Albarn dans sa nouvelle expérience post
Blur et Gorillaz, pour les autres voir en chair et en os un bassiste
qui représente tellement plus que la seule musique qu’il
joua avec Clash… Pour d’autres enfin, estimer que le groupe ainsi
créé valait plus qu’un blockbuster à
l’américaine où un casting royal ne garantit pas la
qualité du film… L’ensemble s’est révélé
très séduisant,
The Good… enchaînant en
intégralité les morceaux dans leur ordre d’édition
sur CD. Enrichi du renfort d’un clavier et d’un ensemble féminin
de cordes (violons et violoncelle), le quatuor a donné à
ses compositions un volume et sans doute une “chaleur” trop
absente de l’album, permettant aux titres faibles (80’s Life)
de s’immiscer sans casse entre les merveilles (Herculean).
Damon Albarn a rappelé qu’il est un formidable compositeur (ce qu’on savait déjà), mais aussi qu’il peut être un excellent chanteur, qui plus est sur des titres difficiles (timbre haut, demi-tons…). Tony Allen n’avait pas à hausser son génie rythmique sur des partitions peu exigeantes ; du temps donc pour sourire et fumer une clope, mais bien sûr avec une présence jamais prise en défaut. Son talent, sur quelques passages plus intenses, à se jouer des contretemps avec une aisance déconcertante en aura bluffé plus d’un. Simon Tong, planté de profil et inexistant en terme scénique, a enquillé impeccablement son jeu de guitare. Quant à Paul Simonon, coiffé d’un chapeau de bookie de cuir noir qu’il porte comme personne, il aura incarné le plaisir d’être en scène, bougeant en permanence, la basse tenue comme une arme… la classe, sans jamais trop en faire.
Un grand concert ? Sans doute pas, mais un très bon moment. L’ambiance de bastringue baroque du Cabaret sauvage se prêtait idéalement aux morceaux de The Good The Bad & The Queen, revenu pour deux rappels dont le premier nous fit penser à un détournement de Morricone, période Sergio Leone… Ne manquaient plus alors que quelques flingues pour mettre totalement un feu qui tardait à prendre.
Mais je m’en fous, j’ai vu Paul.
Martin Terrier
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lundi 12 février
Highway 61 devastated
Déjà responsable d’un épais (et illisible) ouvrage sur les Rolling Stones, le Cauet de la littérature est de retour !
Tremblez car, cette fois, dans le cadre d’un feuilleton radiophonique, il prend pour cible Bob Dylan. Vous pensiez que certains choses étaient sacrées ? Hélas, pas pour lui, qui appose sur le kid de Duluth, Minnesota, ses grosses pattes de fan de Francis Cabrel (allez lire sur son site l’hommage qu’il rend à l’auteur de La Dame de Haute-Savoie, c’est édifiant).
Parfois, pour expliquer un concept, on procède par contre-exemple. Aussi, à qui souhaiterait comprendre ce qu’est l’écriture rock - ou gonzo -, je conseillerai d’ouvrir au hasard son livre sur les Stones ou d’écouter un moment cette voix monocorde (anti-rock et anti-gonzo), débiter cet alignement d’anecdotes mal recopiées, de dates et de réflexions personnelles, qui constitue désormais sa marque de fabrique.
Il a déjà sévi sur les ondes à propos des « pierres » déjà nommées et de Led Zeppelin. Je me souviens d’un épisode désopilant – et désormais célèbre -où Bon expliquait la musique de Jimmy Page en la faisant interpréter par un violoncelliste électrique. L’auteur se montrait franchement enthousiaste devant cette redoutable cacophonie, dénuées de blues et de souffle, bluffé qu’il était par la virtuosité de l’interprète (un des musiciens de M) et les possibilités de son rack d’effets.
Allez, encore un peu et l’on finira bien par découvrir que François Bon aime aussi Bruce Springsteen ! (Un feuilleton sur Dire Straits, l’année prochaine ?)
Pierre Mikaïloff
À visiter : le site de France Culture
dimanche 11 février
La punkette du dimanche : Cut-The Slits
Souvent oubliées lorsque l’on cite les groupes punks influents, Les Slits composées de Ari Up, Viv Albertine et Tessa Politt, est le seul groupe entièrement féminin de la bande et elles ont indéniablement influencé nombre de jeunes filles à se lancer dans le rock. A l’image des Banshees, leur premier album « Cut » ne sort qu’a la fin de la vague punk et leur son cataclysmique s’est dégagé du carcan punk pour inventer un mélange de punk, reggae et dub ou l’on sent la patte de Dennis Bovell., mais reste sauvage a l’image des cris de Ari Up et de la pochette.
Album plutôt avant-gardiste (ou post punk, ou encore reggae punk comme on veut), « Cut », soutenu par le désormais classique « Typical Girls » au rythme impeccable et aux paroles ironiques, ne s’arrête pas seulement à ce titre et on redécouvrira des morceaux comme Instant Hit, Love Und Romance ou encore Shoplifting. Un album essentiel pour tout fan de la musique de cette époque, ou simplement pour tout fan de musique.
A noter : les Slits se sont reformées en 2006 autour de Ari Up et Tessa Pollitt entraînant dans leur sillage, Paul Cook (ex Pistols, sa fille fait également parti du line-up) et Marco Pirroni (ex Banshees et Adam & the Ants).
L'avis de Doc Reggae
En 80-81 je partageais un squat avec JJ Johnson, le batteur des Electric Chairs, qui était le mec de la manager des Slits, Tessa. Viv passait dans notre squat de temps en temps. J'avais surtout un béguin pour Ari, leur chanteuse, que je trouvais sauvage et divine, et je ne trouvais pas Viv passionnante. En 94 et 95 j'ai revu Ari en Jamaïque, où elle avait eu un môme avec un danseur du ghetto, Blacks, qui s'est fait assassiner d'une balle, et Ari s'est retrouvée seule à Kingston avec son bébé.
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samedi 10 février
Du rock au JT
Blog Up se souvient des belles années 80 où Yves Mourousi présentait le journal de 13h. Ce n'était pas Jean-Pierre Pernaud et le publi-reportage sécuritaire obligé. C'était un moment intense et parfois très surprenant. L'époque était comme ça,
surprenante comme le dimanche avec Chorus après le Jour du Seigneur.
Mourousi proposait en deuxième partie de programme une page culture. C'est ainsi que Blog Up a vu Iggy Pop chanter en live avant d'aller à l'école ou David Bowie très intime. Blog Up se souvient surtout de 1986, avec la grève des routiers. Le Clash, fin de carrière, était bloqué à Calais et papa Joe avait pris cause pour les routiers comme il le fera plus tard pour les pompiers de Londres. Blog Up se souvient de papa Joe iroquois répondre aux questions de Mourousi. C'était la télé d'avant.
Paul belle posture, belle tronche, avant The Good ... et après le Clash a fait un disque avec des bikers sous le nom de Havana 3 AM. Ils sont dans le JT.
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