mardi 13 février
Good Old Boys
The Good the Bad & the Queen - Au Cabaret sauvage, le 6 février à Paris
Qu’attendions-nous
de la réunion sur scène des quatre cadors de The Good
The Bad & The Queen, sinon qu’ils nous fassent (re)découvrir
et aimer, ou non, leur album ? Pour les uns éprouver le
(grand) talent d’Albarn dans sa nouvelle expérience post
Blur et Gorillaz, pour les autres voir en chair et en os un bassiste
qui représente tellement plus que la seule musique qu’il
joua avec Clash… Pour d’autres enfin, estimer que le groupe ainsi
créé valait plus qu’un blockbuster à
l’américaine où un casting royal ne garantit pas la
qualité du film… L’ensemble s’est révélé
très séduisant,
The Good… enchaînant en
intégralité les morceaux dans leur ordre d’édition
sur CD. Enrichi du renfort d’un clavier et d’un ensemble féminin
de cordes (violons et violoncelle), le quatuor a donné à
ses compositions un volume et sans doute une “chaleur” trop
absente de l’album, permettant aux titres faibles (80’s Life)
de s’immiscer sans casse entre les merveilles (Herculean).
Damon Albarn a rappelé qu’il est un formidable compositeur (ce qu’on savait déjà), mais aussi qu’il peut être un excellent chanteur, qui plus est sur des titres difficiles (timbre haut, demi-tons…). Tony Allen n’avait pas à hausser son génie rythmique sur des partitions peu exigeantes ; du temps donc pour sourire et fumer une clope, mais bien sûr avec une présence jamais prise en défaut. Son talent, sur quelques passages plus intenses, à se jouer des contretemps avec une aisance déconcertante en aura bluffé plus d’un. Simon Tong, planté de profil et inexistant en terme scénique, a enquillé impeccablement son jeu de guitare. Quant à Paul Simonon, coiffé d’un chapeau de bookie de cuir noir qu’il porte comme personne, il aura incarné le plaisir d’être en scène, bougeant en permanence, la basse tenue comme une arme… la classe, sans jamais trop en faire.
Un grand concert ? Sans doute pas, mais un très bon moment. L’ambiance de bastringue baroque du Cabaret sauvage se prêtait idéalement aux morceaux de The Good The Bad & The Queen, revenu pour deux rappels dont le premier nous fit penser à un détournement de Morricone, période Sergio Leone… Ne manquaient plus alors que quelques flingues pour mettre totalement un feu qui tardait à prendre.
Mais je m’en fous, j’ai vu Paul.
Martin Terrier
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