dimanche 22 octobre
Une des bonnes manières d’écouter IbMePdErRoIoAmL d’Elvis Costello est de l’agrémenter de la lecture de Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière. L’histoire que ce livre raconte est celle de deux jeunes noirs vivant en colocation dans une pièce divisée en deux parties au moyen d’un paravent aux motifs japonisants, située sur une artère centrale de Montréal. L’un, lecteur du Coran, est fou de jazz et passe sont temps à dormir. L’autre qui projette d’écrire un roman, occupe une partie de son temps à séduire des jeunes filles de la bourgeoisie blanche avec la ferme intention de renverser le rapport dominant, dominé né de l’esclavage.
Il s’en dégage une atmosphère désopilante complémentaire de celle luxuriante que l’écoute d’Imperial Bedroom de Costello procure. Cette petite pièce unique est au rock ce que l’utilisation d’œuvres de la musique classique est au cinéma dans Five easy pieces de Bob Rafelson.
Elvis Costello a raconté qu’en face du studio où le disque a été enregistré, se trouvait un magasin d’instruments de musique, regorgeant d’instruments anciens, que ses musiciens et lui ont loués au fur et à mesure de l’enregistrement de l’album afin d’étancher leur inextinguible soif de sonorités nouvelles.
Ce disque dont on pourrait craindre qu’il parte dans tous les sens compte tenu de ce qui précède, est au contraire d’une parfaite cohérence. Réédité en CD, il a fait l’objet de l’ajout de morceaux qui n’avaient pas été retenus lors sa publication initiale. Initiative judicieuse pour une fois, qui fait désormais d’Imperial Bedroom un double album. Ne vous reste plus qu’à mixer harmonieusement lecture et audition. Bonne chance !
A ECOUTER : des extraits

