mercredi 15 juin
Wattstax – le film
Le 11 août 1965, les émeutes de Watts éclatèrent. Régulièrement victimes de violences policières, les habitants de ce ghetto noir de Los Angeles se révoltèrent ce jour là à la suite d’un sévère contrôle de police effectué sur la personne d’un jeune conducteur noir en état d’ébriété et de sa mère enceinte. Ces émeutes qui ont duré une semaine ont fait 34 morts. Les émeutes de Watts seront suivies d’autres manifestations du même type dans d’autres villes, à Détroit et Chicago notamment, au cours des deux années suivantes.
A l’occasion du septième anniversaire de cet évènement, la maison de disques Stax Records fondée à Memphis en 1958 qui a permis de découvrir des artistes comme Otis Redding, Isaac Hayes, Rufus Thomas ou encore Booker T Jones organisa un concert commémoratif qu’elle fit filmer par Mel Stuart.
C’est ce document qui nous est aujourd’hui proposé en copie neuve et version définitive, la prestation d’Isaac Hayes ayant été coupée au montage dans la version initiale pour d’obscures raisons de droits.
Si l’entreprise paraît tout à fait louable, la volonté des fondateurs de Stax étant de dépasser les préjugés racistes en produisant des chanteurs noirs de talent jusque là accusés de corrompre la jeunesse américaine, son caractère systématiquement bien pensant devient vite assez pesant. Les producteurs ont insisté pour qu’une partie des recettes soit reversée à des fondations d’aide à la communauté afro américaine, que les officiers de police chargés de la sécurité du spectacle soient exclusivement afro américains et pour n’engager que des techniciens noirs sur le tournage du film. Autant d’éléments qui s’ils ne sont pas directement évoqués dans le documentaire transparaissent et finissent par nuire à la sincérité du propos. L’impression qui s’en dégage est que cette frange de la population américaine n’est pas prête de sortir de son ghetto alors que les propos tenus par certains acteurs du film notamment le révérend Jesse Jackson (avant qu’il ne soit candidat à l’élection présidentielle - notre photo) se veulent combatifs, revendicatifs et surtout constitutifs de l’affirmation d’une identité propre à la communauté noire débarrassée de toute discrimination.
Avec pour trame, la lutte pour l’égalité des droits, Wattstax nous présente quelques bons morceaux de Soul et Rythm’ and Blues sans que le propos n’emporte notre adhésion par son discours trop proche d’une discussion de café de commerce type : Ah si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main ….
A REGARDER ET A VISITER : la bande annonce du film et un site très complet pour en savoir plus
Aujourd'hui Blog Up est black ! La piraterie musicale touche le monde entier. Il y a le peer to peer mais dans certains pays il y a une piraterie différente celle qui consiste à dupliquer en quantité industrielle les disques pour les vendre dans la rue ou dans des boutiques. Cette économie parallèle ruine les maisons de production.
C'est ce qui se passe au Mali où les producteurs Mali K7 SA (structure de productions et de distribution fondée par un français) et Seydoni décident ensemble d'arrêter toute activité. Les deux structures ont publié un manifeste signé par de nombreux artistes comme Ali Farka Touré (notre photo), Manu Chao, etc...
Le très complet site Mali music vous raconte tout cela dans le détail et vous propose en plus d'écouter plus de 200 titres. Bon voyage musical !
A LIRE ET A ECOUTER : le site de Mali music

