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mardi 24 mai

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Georges Brassens et le reggae

J’écoute souvent Bob Marley avant d’aller me coucher. Sun is shining a maintes fois rythmé mes rêves. Mes oreilles en bourdonnent encore alors que l’alarme du réveil matin vient interrompre mon dialogue avec Morphée.
Le reggae a mis du temps à s’adapter à nos contrées tempérées. Il s’y est insidieusement installé en étant adopté par certains des plus respectés auteurs compositeurs de la chanson française, tels Gainsbourg, Lavilliers ou encore Charlélie Couture sur l’album Pochette surprise. Il a finalement trouvé sa voie propre au travers de précurseurs comme les Babylon Fighters avant de véritablement faire son trou par l’intermédiaire de groupes tels Sinsemilia, Tryo, Pierpoljak voire Sergent Garcia. Il poursuit aujourd’hui sa route en empruntant des voies électroniques sous la forme du dub (la part instrumentale du reggae).
Tout cela ne peut que satisfaire Boris Vian, post mortem, grand pourfendeur du rock’n roll en lequel il ne voyait qu’un rythme à peine digne d’une marche militaire. Pour autant si le rock’n'roll anglo-saxon dans un premier temps, alternatif par la suite a longtemps eu les faveurs du public en France, le contretemps, rythme caractéristique du reggae, ne lui était pas inconnu. Il est même à l’origine du succès de l’un des plus beaux fleurons de la chanson française, je veux parler ici de Georges Brassens. Le contretemps résulte d’une accentuation du troisième temps de la mesure (alors que le rock’n'roll s’attache à en magnifier le deuxième et le quatrième temps), caractéristique essentielle de la musique de Brassens basée sur un duo chant/guitare. La reprise de sa chanson La mauvaise réputation par Sinsemilia en est une parfaite illustration. L’ossature rythmique n’a pas subi de modification même si son exécution en a été accélérée. Seul l’ajout d’instruments la fait sonner reggae au sens ou nous l’avons découvert au milieu des années 70.
Alors qu’il a toujours, depuis son apparition, suscité un vif intérêt de la part du public français, on peut s’interroger sur la raison pour laquelle l’adaptation du reggae à la scène musicale française n’a pas été plus rapide. L’impossibilité supposée de composer du rock’n'roll en langue française a certainement dû peser dans la balance de l’évolution générale de la musique populaire en France. Un retard à l’allumage cher payé jusqu’à l’émergence de la scène rock alternatif qui a conduit au foisonnement actuel.

A ECOUTER : La mauvaise réputation  par Geroges Brassens et par Sinsemilia [extrait]

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Aujourd'hui Blog Up est reggae ! Beau temps oblige ! Les labels RAS et Sanctuary Records ont eu une excellente et originale idée en demandant à  Yellowman, The Mighty Diamonds, Gregory Isaacs entres autres de reprendre des titres de Bob Dylan. Cela donne une compilation Is it rolling Bob ? fort intéressante avec des reprises de bonnes qualités. Ce tribute est décliné sous deux versions une reggae et une version dub.
Dans un interview Doctor Dread à l'initiative du projet déclare très justement : Bob Dylan was a protest singer and reggae is protest music.

A VISITER - A VOIR et A ECOUTER : le site avec un making of du projet, des extraits

Posté par blogup à 10:38 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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