mardi 10 mai
Vu lundi soir au Trianon, l'ex-pape des sixties Grand-Bretons Donovan, papy sémillant mais un peu balourd dans le pas chassé, sa grande fille Astrella Céleste (en première partie et c'était suffisant, mais, hélas), et même sa femme, très belle, en portrait géant accroché en haut à droite de la scène. A ECOUTER : Beat cafe sur le site CD Baby
Le spectacle se déroule en deux parties, la première acoustique puis la deuxième avec un groupe piano/orgue, batterie, contrebasse. Donovan égrène ses chansons en général magnifiques d'origine et souvent très bien conservées en les entrecoupant d'une mise en scène conceptuelle un peu grotesque autour d'un voyage dans son BEAT CAFE, du nom de son dernier opus. On reconnaît des archi-tubes qui nous rappellent le talent du bonhomme, éternel Poulidor du folk derrière Dylan : pourtant parfois on se dit que ses chansons valent autant et parfois volent bien plus haut mélodiquement que celles de son Anquetil américain. Hélas, il a toujours ce petit côté ringard (une image qu'il traîne depuis le début) qui transforme parfois son concert en gala de salle des fêtes (et je tape tape dans mes mains, et les garçons chantent, et les filles chantent, et tous ensemble). Toujours un petit grain de sable qui certes le rend sympathique - il ne se départira jamais de son smiley-smile de troubadour enjoué - mais seulement parce que le ridicule ne tue pas. Ce type a écrit des chansons sublimes et finalement, son concert ressemble un peu à un best-of inversé de ses hits (Colours, Season of the witch, Wear your love like heaven, Mad john's escape, Sunshine superman, Universal soldier, entre autres et dans le désordre, et bien sûr Mellow yellow pour partir happy (monday !)), entrecoupé de quelques très bonnes compositions de Beat cafe, pas toujours jouées avec la finesse requise. On aurait bien aimé que le son de la première partie acoustique sonne plus vivante, intimiste et moi flashy (son trop compressé, réglages adéquats pour la partie en groupe). Sur Mellow yellow qui clôt l'affaire, la rythmique et en particulier le batteur qui rejoue la partie originale à la perfection tient toute la baraque, avant que celle-ci ne s'écroule quand la fille de Donovan, la Céleste, se repointe pour chanter avec son père. Ah, la famille.
A LIRE : sa discographie
J’avais vu Femi Kuti pour la première fois à Lagos (Nigeria) en 1985 au Schrine (la salle normalement dévolue aux activités musicales de son père Fela). Je l’avais revu à Paris en 1997 et 1998 devant un parterre clairsemé dans une salle désormais connu sous le nom de Trabendo et depuis plus rien, lassé que j’étais de ses prestations parisiennes en demi teinte.
Femi était de passage à Paris dimanche dernier au Bataclan. Si son dernier disque, Africa Schrine, ne m’avait pas paru convaincant, le concert est venu démentir l’impression d’enlisement que l’écoute de son dernier opus m’avait procurée.
Entouré d’un groupe à la rythmique impeccable (ils jouent fort, vite, parfois très vite et toujours juste), de danseuses en très grande forme, Femi nous a offert un petit festival trois heures durant, passant de l’afro beat à l’acid jazz sans oublier quelques moments de funk et de jungle. Sa désormais polyvalence aux cuivres, le sax soprano reste son instrument fétiche mais les solis de sax alto ou encore de sax baryton proposés hier soir magnifiés par l’excellence de l’amplification de la salle ont constitué autant d’interludes de qualité dans le vaste flots de rythmes destinés à provoquer en chaque spectateur un état proche de la transe. Restent les textes peu convaincants et trop souvent limités à des harangues politiques dénuées de toute audace polémique.
Souhaitons à l’avenir qu’il poursuive dans cette voie plus aventureuse que celle qui l’a conduit jusque là à emprunter le chemin d’un afro beat qui ne se démarquait de celui de son père que par une plus grande vitesse d’exécution.
A ECOUTER : de nombreux extraits de l'album Fight to win - Ala Jalkoum Rachid Taha et Femi Kuti
A RELIRE : le billet sur Fela du 21 mars


