lundi 18 avril
Depuis longtemps Lou Reed est passé maître dans l'art de massacrer ses chansons. Le résultat a parfois été passionnant. Malheureusement hier cela n'a pas été le cas, enfin au moins pendant les quatre chansons (et peut-être davantage) auxquelles nous avons résisté héroïquement avant de nous enfuir vers un métro rarement autant désiré.Pendant quatre morceaux (mais peut-être davantage) le Grand Rex s'est transformé en hall de démonstration du plus grand magasin de guitare de Paris et peut-être du monde. Le degré de vulgarité des exécutants, et le mot est faible, a semblé ravir au plus haut point l'assistance dévote.On a vu Lou Reed branlocher doucement sa guitare et l'embrasser en susurrant qu'il l'aimait, qu'il aimait sa couleur sparkle, qu'il aimait le son distordu qu'il en tirait. On aurait préféré récolter autre chose qu'une semence électrique mélée de bave même pas méprisante. Le sperme de vieux ne vaut pas le sperme des morts. On était prévenu, mais on voulait y croire quand même. Après les quatre morceaux en question, la probabilité d'un vrai plaisir à raconter tendait vers zéro. De plus il fallait absolument partir avant de tomber dans le piège grossier de l'émotion provoquée par une interprétation "honnête" d'un morceau adoré. Cette émotion, tel le but de dernière minute qui pousse à la prolongation, nous aurait seulement conduits à nous coucher plus tard. Il valait mieux se dire qu'on n'avait rien raté du tout.
A ECOUTER : le juke box de Lou Reed sur son site
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