jeudi 31 mars
Alamo Race Track vous ne connaissez pas ? Je crois que vous allez beaucoup en entendre parler dès la semaine prochaine avec la sortie de l'album Birds at home. Alamo Race Track nous vient de Hollande. Ce premier album regorge de pépites comme l'excellent titre We like to go on. C'est dynamique, envolé ! A découvrir absolument !
A ECOUTER ET A VOIR : de nombreux extraits de concert - Short leave - We like to go on
mercredi 30 mars
Edwyn Collins a été victime d'une hémoragie cérébrale fin février. Sur son site sa compagne donne régulièrement des infos sur son état de santé qui s'améliore doucement. Edwyn Collins a débuté sa carrière en formant Orange Juice (1978 - 1985) groupe qui a su marier le funk et la pop. Je vous recommande l'écoute de l'excellent album Rip It Up. Depuis Edwyn Collins a entamé une carrière solo qui n'a pas rencontré de franc succès en dehors du hit A girl like you. Par contre en tant que producteur on lui doit les excellents albums de Frank and Walters et dernièrement le premier album de Little Barrie. D'ailleurs, je trouve que cet album n'est pas très éloigné du son de Rip It Up.
A ECOUTER : Poor old souls [version française] - Rip It Up [extrait] - A girl like you [extrait] - Little Barrie Free salute - Stone reprise
A VISITER : son site
mardi 29 mars
Paul Hester, ex-feu follet co-fondateur de Crowded House (et auparavant membre de Split Enz), a brusquement mis fin à ses jours dans un parc de Melbourne dimanche.
Paul Hester, 46 ans,en plus de ses qualités de batteur turbulant et d'auteur compositeur rare, mais plein d'humour et de finesse ("Italian Plastic", "That's what I call love", "Skin feeling", "This is massive"...) était doué d'un esprit afuté hors pair, le fameux "wit" plus fréquent chez les Britanniques que chez les Australiens.
Et si Neil Finn était l'âme de Crowded House, et Nick Seymour, son côté "arty", il faut bien avouer qu'en concert, Paul Hester était le gardien de la flamme du groupe.
Blog Up l'avait rencontré, en février 1994, au lendemain d'un concert de charité donné à Wellington, Nouvelle Zélande.
Le batteur avait du mal à rester motivé par l'éreintante tournée promotionelle qui accompagnait la sortie de "Together Alone", le 4ème (et donc dernier) album de Crowded House.
Désabusé, mais irresistiblement drôle...et imprévisible.
Toujours très spirituel, il laissait néanmoins entrevoir un côté sombre qui allait le pousser vers la porte de sortie, 2 mois plus tard, en pleine tournée américaine.
C'était alors sans doute mieux pour lui, puisqu'il allait enfin pouvoir se consacrer à de la production, et à un nouveau groupe dont il serait le leader The Largest Living Things, ainsi qu'à l'animation d'un talk-show musical très populaire, (pour ABC Australia) Hessie's Shed.
L'année dernière, il avait rejoint Nick Seymour au sein d'un nouveau groupe Australien, Tarmac Adam.
Une partie de Blog Up est donc triste.
Mais, comme Paul Hester le soufflait, avec un sourire gentiment moqueur, à Dave Dobbyn (gloire Néo Zélandaise contemporaine des JPSartre Expérience et autres Straight Jacket Fits) lors du concert de février 1994 : "That was nice mate...Now, you've had your go..."
A ECOUTER : Better be home soon - Don't dream it's over - Chocolate cake
A VISITER : un site
lundi 28 mars
Hier soir, Blog Up a fait pipi dans les toilettes de Pierre Henry, à la pause de la dernière de Pierre Henry chez lui, voyage initiatique.
Pour la troisième fois, Pierre Henry ouvrait sa maison/installation au public pour lui jouer en direct un peu de musique concrète. Jadis, les musiciens étaient conviés par les particuliers dans leurs salons pour faire connaître leur musique ; Pierre Henry lui, convie les particuliers dans son salon et toutes les autres pièces de sa maison biscornue.
Dans cette maison, aucun espace ne semble être laissé au hasard : partout des objets/sculptures fabriqués à partir d’autres objets, souvent de récupération (on reconnaît enchevêtrées des nappes d’ordinateurs, des flopées de transistors, de condensateurs, etc.), souvent souvenirs (photos jaunies d’ancêtres coincés), souvent utiles (des couteaux de toutes natures disposés selon une loi inconnue). Partout et même aux chiottes : des éléments hi-fi, des bandes magnétiques dans leurs boîtes en carton plates aux noms mystérieux, codés, des tonnes d’archives : «Liverpool», «Projet Cosmo», «Halles», «Agendas». On se contente de toucher avec les yeux, mais notre probité est mise à mal par la tentation à laquelle nous sommes soumise de connaître le contenu des contenants. On est venus pour écouter une musique singulière entre toutes, dans ce décor singulier entre tous.
Le voyage comporte trois actes :
1/ Visite de la maison pendant que Pierre Henry interprète un prélude, «Sonates d’ondes courtes», l’occasion d’entrevoir le compositeur performer en plein travail dans son antre/studio où l’on compte une douzaine de magnétos analogiques à bande, et pas mal d’appareils numériques. L’homme penché sur une mixette est absorbé par son interprétation, il ne nous voit pas ; il met une énergie qui semble infinie dans des gestes infimes. Tiens, on croyait que c’était un vieux bonhomme : on ne lui donne en tout cas vraiment pas ses 78 ans.
Impossible de parler d’une œuvre vaste comme la voie lactée, désormais connue et reconnue de par son influence sur tout un pan de la musique actuelle. En entrant dans la cour de cette maison à 2 étages, nous sommes bien entrés dans la cour d’un grand.
Rappelons que Pierre Henry et le grand homme de radio puis compositeur Pierre Schaeffer (mort en 1995 et à qui l’œuvre de ce soir est dédiée) ont inventé ensemble à Paris en 1949 la musique concrète, au sein du Club d’essai de Wladimir Porchée.
Leurs premières œuvres seront «Bidules en Ut» (c’est ça : la maison où l’on se trouve est pleine de bidules !) et la fameuse «Symphonie pour un homme seul». Stockhausen, Boulez, Ferrari passeront par ce club, qui deviendra en 1951 GRMC (Groupe de Recherche en Musique Concrète, communément GRM).
Les précurseurs de cette musique s’appellent Varèse, Cage, Messiaen. Les suiveurs, parfois divergents, parfois dissidents s’appellent entre autre Boulez (qui reniera la musique concrète pour s’engager dans la musique sérielle), Xénakis, Stockhausen.
Rappelons rapidement l’argument de la Musique concrète : la musique «habituelle» est d’abord conçue par l’esprit, puis notée théoriquement et enfin réalisée instrumentalement ; la musique concrète est constituée à partir d’éléments préexistants, empruntés à n’importe quel matériau ou objet sonore, qu’il soit bruit ou son musical, puis composée expérimentalement par une construction directe, aboutissant à réaliser une volonté de composition sans le secours, devenu impossible, d’une notation musicale ordinaire. Le matériau de la musique concrète, l’objet, est le son à l’état natif, tel que le fournit la nature, le fixe les machines, le transforme leurs manipulations. Cette musique évolue logiquement au rythme de la technologie (électronique, informatique).
Dans le Que Sais-Je «La Musique Concrète» (n° 1287, signé par Pierre Schaeffer himself aux PUF), on découvre que Pierre Henry était pianiste et surtout virtuose de la batterie ; il s ‘est alors rapidement révélé comme un prospecteur incomparable des possibilités concrètes de ces instruments. Très vite délaissés, ce seront des tourne-disques qui seront exploités en tant qu’instruments, puis les micros et les magnétophones. Plus tard, il s’attaque à la magie de l’électronique avec ses sources de signaux, de bruits, ses potentiomètres, ses modulations de forme, ses correcteurs, ses filtres, ses réverbérations artificielles et autres effets, aux possibilités multiples (voir le morceau de ce soir qui comporte une «Multiplicité») du mixage et des transpositions par changement de vitesse. Les appareils de type «Moog» seront pendant un temps des instruments rêvés.
2/ Choix d’une première pièce pour écouter la première partie de la pièce (Premier apprentissage / Dualité / Incantation / Multiplicité). Chaque pièce de la maison est munie d’enceintes selon une organisation spatiale certainement pas laissée au hasard. Les gens peuvent s’asseoir sur la dizaine de chaises présentes dans chaque pièce. La lumière est tamisée.
L’invitation au Voyage Initiatique est parfois difficile. On se prend à penser à autre chose, on s’emmerde un peu, on regarde les gens le décor : tiens, on dirait qu’il pleut sur le toit de la chambre sous les toits où l’on s’est installés. Oui, mais si c’était un bruit, un son, un objet voulu, intégré, joué dans le morceau ???
Le doute sur ce qui se déroule dans cette maison est en permanence permis : que se passe-t-il réellement dans l’antre, n’est-on pas victime d’une mise en scène magistrale ? Dans quelle mesure l’oeuvre est-elle un tant soi peu improvisée, risquée, jouée différemment des autres jours par son auteur et interprète, le vieux sorcier ?
Parfois des chants ethniques (Afrique, Asie ?) nous font réellement penser à des voyages. Mais si tout ça c’était du flan, un CD dans un lecteur ? Nous déciderons que non, en admettant qu’à un moment une légère modulation de volume n’a pu être commise qu’en temps réel. Mais le vecteur du transport dans ce Voyage Initiatique ne serait-il pas justement ce doute permis ?
3/ Après la fameuse pause, changement de pièce dans la maison (un bureau) pour écouter la deuxième partie de l’œuvre (Hypnose / Cérémonial / Deuxième apprentissage / Unification / Solarisation). Mêmes sensations.
A la sortie, dans le sous-sol de la maison, nous tombons sur Pierre Henry, cheveux et barbe blanche, qui reçoit avec la meilleure grâce du monde les congratulations. Il est content car il estime que ce soir il a donné la meilleure interprétation de cette œuvre (c’est la dernière de «Pierre Henry chez lui 3»). Il semble soulagé mais littéralement vidé de son fluide. C’est juste un vieil homme de 78 ans, voûté, épuisé : on se maudit alors d’avoir douté un seul instant de son honnêteté.
On le questionne alors comme pour se rattraper sur le nombre de bobines d’archives sonores entreposées dans la maison. Le nombre de 3000 cartons de bandes magnétiques nous semble sous-évalué. Soudain se passe quelque chose de peu ordinaire : il semble que l’évocation des archives interpelle Pierre Henry qui soudain (se) demande quel compositeur a joué de son vivant très longtemps. Doit-on comprendre : «est-ce qu’il y a beaucoup de musiciens qui ont composé autant que moi, aussi longtemps» ? Pierre en rit, en sourit …L’avenir le dira.
On apprend en attendant que prochain Pierre Henry rendra dès le week-end prochain une commande pour la commémoration Jules Vernes, puis une autre en septembre à la Cité de la Musique.
Nous partons en remerciant l’hôte pour son hospitalité peu commune.
A ECOUTER : Psyché rock - Apocalypse de Jean - Interieur extérieur - Jericho jerk - Marche du jeune homme - Symphonie pour un homme seul -
dimanche 27 mars
Ian Dury est mort, il y a tout juste cinq ans. Tout de suite, vous pensez au fameux Sex Drugs and rock'n'roll ! Ian Dury avec les Blockheads incarnait parfaitement le chanteur cockney... cette angleterre profonde. Atteint de poliomyélite à l'âge de sept ans Ian Dury a d'abord était prof à l'école des Beaux Arts puis il a formé son premier groupe (Kilburn & the High Roads) qui deviendront les Blockheads. C'est avec eux que sa carrière va vraiment démarrer. Il nous reste des titres comme Sweet Gene Vincent ou encore Wake up and make love with me. Si vous voyez Pirates de Polanski soyez attentif Ian Dury y fait une apparition ! Je vous recommande vivement de vous interesser à son fiston Baxter Dury... mais nous y reviendrons...
A ECOUTER : Sex, drugs and rock'n'roll [extrait] - Des extraits de Ten more turnips from the tip dernier album enregistré par Ian Dury.
samedi 26 mars
Le musée d'art contemporain de Lyon propose une exposition Andy Warhol L'oeuvre ultime. Cette exposition présente les oeuvres tardives d'Andy Warhol. L'époque de la Factory et du Velvet Underground est déjà loin. Nous sommes à la fin des années 70 et au début des années 80, époque où Andy Warhol se vend comme une marque. C'est aussi l'époque de sa rencontre avec Jean-Michel Basquiat (de nombreuses photos et portraits de Basquiat sont présentés dans cette expo). Cette expo est assez décevante par le choix des oeuvres présentées : peu de toiles et trop de photos. Aussi, la période choisie n'est pas la plus intéressante chez Warhol. Le côté marketing de Warhol est trop présent dans les oeuvres de cette époque.
A ECOUTER : Jean-Michel Basquiat [instrumental] - The velvet underground 3 titres enregistrés à La Cave en 1968 : Move right in - Can't stand it - Foggy notion
A VOIR : une pub pour TDK avec Andy Warhol - Visite du musée Andy Warhol de Pittsburg
A VISITER : le site du musée d'art contemporain
vendredi 25 mars
Julien Baer, la Boule noire, Paris le 24/03/05
Julien Baer ne regarde jamais le public de face ; il est constamment de profil (bas ?); souvent même de dos ou carrément dans les coulisses, pour se reconcentrer. Et sans doute pour se demander s'il doit revenir chanter ou arrêter définitivement la musique. Tel est le bonhomme, plus qu'attachant. Il semble s'excuser ou vouloir être excusé en permanence. Ce type fragile tient visiblement à un fil.
Sa formation est identique à celle du concert Libé au Zèbre le 3 février dernier; une choriste black (Audrey) vient rajouter de la couleur au son sur les morceaux du dernier album (l'essentiel du concert) ; Djely Moussa à la kora viendra sur scène pour une interprétation magnifique de Tu es une île. Bien sûr, tout le monde attend des morceaux de son antépénultième album fourré de tubes pop : nous n'aurons droit qu'au tubesque Juillet 66 et à une interprétation extraordinaire de Le monde s'écroule dans le premier rappel. Sur ce morceau, le public chante en chœur, et Julien est tout étonné de diriger une chorale; c'est la mode. A noter un faux inédit (déjà joué au Zèbre) au texte très joli de Miossec (presque un court métrage) et un vrai inédit Comme Joey Starr.
En final, Julien Baer se fendra même d’une courte berceuse seul à la guitare pour que nous partions la paix dans l'âme et le soleil dans le cœur.
Voilà un chanteur aux textes magnifiques, actuels et poétiques, qui sait faire de la pop, du rock, du reggae, du funk enfin. Mais le plus intéressant est sa remise en question perpétuelle, un peu trop exemplaire et handicapante. Julien Baer est un martien.
A ECOUTER : Quelques extraits
A ECOUTER ET A VOIR : Concert FIP le 7 avril avec Bertrand Belin et Alexis HK.
jeudi 24 mars
Sly the mic buddha (ex Saian Supa Crew) est la human beat box de Camille. Son tempo vocal lui permet d'interpréter une quantité incroyables de beats. Tout sort de sa bouche ! C'est impressionnant. Un disque solo devrait sortir prochainement.
A ECOUTER : un sujet lui est consacré sur Arte Radio
A RELIRE : l'article sur le concert de Camille
mercredi 23 mars
Pantsuit vous vous souvenez ? Blog Up vous a en parlé dans le compte rendu du concert de Schwervon ! C'est donc le groupe de Nan Turner la batteuse de Schwervon ! Nan est accompagnée de deux autres copines (Christine et Tina). Elles nous offrent une pop joyeuse et énergique ! Pour l'instant, un seul album The path from the house to the lawn est sorti en import en France cette année. Nan m'a dit qu'à son retour de tournée avec Shwervon ! elle retrouve ses copines pour donner une suite à ce premier album.
A ECOUTER : french pop
A RELIRE : Schwervon !
mardi 22 mars
Le buzz autour de Bright Eyes est en train de disparaître. Je crois que cela est bien. Je suis certain que Conor Oberst est un jeune homme talentueux. Les albums folk et électro de ce début 2005, en sont la preuve indéniable. Pour ceux plus courageux, je vous recommande vivement l'écoute de ses premières compositions que vous pouvez retrouver à doite et gauche sur diverses compilations. Vous découvrirez que Conor a parcouru un long chemin pour arriver aujourd'hui à cette maturité musicale. Il faut laisser Conor Oberst tranquille... il nous surprendra.
A ECOUTER : un concert enregistré le 23 février 2005










